La rédaction du Patriote

Archive for the ‘Social’ Category

Triste anniversaire

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2306, Social on 16 décembre 2011 at 10:06

Un bruit sourd, la porte défoncée, des policiers qui investissent les couloirs de l’immeuble, des familles déboussolées dont 40 enfants qui se réveillent dans cette ambiance de confusion… Ils étaient 115 et ont été expulsés en plein hiver à six heures du matin… C’était le 8 décembre de l’année dernière dans le centre ville de Nice.

 

C’est justement ce triste anniversaire qu’ils sont venus commémorer à leur manière. Un an plus tard, plusieurs membres d’associations et citoyens révoltés se rappellent encore les faits. 115 demandeurs d’asile dont 40 enfants s’étaient installés dans un immeuble vide de l’avenue Georges Clémenceau en novembre de l’an dernier. Avec le soutien de plusieurs associations qui dénonçaient le manque de logements et d’assistance, ils ont pu trouver un toit convenable en attendant une solution de la part des services sociaux.

La joie a été de courte durée. En effet, le CHU de Nice, propriétaire des lieux, a porté plainte et obtenu l’expulsion de ces familles dans un temps record,  alors que les locaux étaient abandonnés depuis plus de cinq ans.

La préfecture, entre temps, avait été condamnée par le tribunal administratif de Nice avec une amende et des astreintes pouvant atteindre les 1000 euros par jours et par personne tant que ces familles n’étaient pas relogées ou hébergées. Cela n’a pas arrêté le préfet qui a ordonné l’intervention des forces de l’ordre afin de mettre les familles à la rue. Aucune proposition ne leur a jamais été faite.

« Un an plus tard, l’immeuble est toujours vide », remarque Michel Abada, membre du collectif qui a suivi les familles pendant et après l’occupation de ce que les associations ont dénommé « la maison grise ». Il dénonce les pressions exercées sur ces familles. « Il y a notamment une femme seule avec ses deux enfants qui a dû repartir dans son pays d’origine. Les services de police voulaient qu’elle laisse les deux enfants et reparte seule », explique-t-il.

Tous ont été logés pendant quelques mois, suite à l’expulsion et grâce à l’argent récolté. La vie a repris son cours. Beaucoup de femmes sont rentrées chez elles avec les enfants. « Les maris risquent leur vie s’ils rentrent, donc ils sont restés en France mais ont changé de région. Ici on fait tout pour dissuader les demandeurs d’asile de rester », ajoute Michel Abada.

Parmi les personnes présentes, Samuel, jeune étudiant à Nice, n’était pas là au moment des faits. « Je suis touché par ce genre d’événement », dit-il. Plus loin Noémya, était de permanence le jour de l’expulsion : « C’est révoltant ! On a mis toutes ces personnes dehors en plein hiver alors qu’on constate que l’immeuble est toujours vide. Ils avaient dit à l’époque que le bâtiment serait rapidement réaménagé ».

Un reportage réalisé le jour de l’expulsion a permis de rappeler ces moments dramatiques. Un spectacle honteux, malheureusement pas isolé. Des pleurs, de la colère… deux femmes ont pris à partie le représentant du préfet, en vain. « Ils auraient pu éviter de faire tout ça de cette manière si violente », commente un militant.

Les images qui tournent montrent les enfants sur le trottoir, des mères l’air très digne mais au fond désespérées… de l’autre côté, dépourvus de toute humanité, les services de la préfecture, la représentante du CHU, les forces de l’ordre.

Lidice BUSOT

 

 

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Anti-G20 à Nice: défilé… de témoignages

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2300, Politique, Social, Uncategorized on 4 novembre 2011 at 11:42

Denis Robert, journaliste, écrivain, et célèbre pour sa lutte contre les paradis fiscaux. « Je n’ai pas été manifester dans l’après-midi car je ne me sens pas altermondialiste. Mais on a beaucoup insisté pour que je vienne ce soir, dans le cadre de cette soirée festive. Le lendemain, j’interviendrai dans un lycée et je suis particulièrement content d’être là. C’est aussi grâce à ces personnes que j’ai pu me sortir financièrement des énormes coûts engendrés par les multiples procès. Plus de 4 000 personnes ont donné à mon comité de soutien. Vous savez, mon combat contre Clearstream a été long et très éprouvant, mais je n’ai jamais été déprimé. Au final, ce qui me réconforte, c’est qu’ils ont tout perdu, et que récemment, la Cour de Cassation m’a donné raison. Du coup, j’ai espoir dans la suite puisque je pars du principe qu’on ne peut pas me donner raison sur le plan judiciaire et laisser prospérer ce système que je dénonce : celui des chambres de compensation. En fait, je considère qu’il n’est pas très compliqué de contrôler, voire juguler cette crise financière : il faut parler des back-offices des banques. Imaginez une somme comme celle qui émerge des comptes de Clearstream, celle qu’elle a annoncée en début d’année comme étant les valeurs conservées dans ses comptes : 11,4 trillions d’euros.

Oui les politiques peuvent reprendre la main avec un minimum de volonté ! »

Franco, ex-sénateur italien (Rifondazione Comunista). « En Italie, nous avons eu une fracture sociale avec beaucoup de décrets à l’encontre des intérêts des salariés, nous avons eu une coupure brutale du budget social. On prévoit de rehausser l’âge légal de départ à la retraite dans quelques années à 67 ans, nous avons eu un plan de privatisation énorme… Nous pouvons nous retrouver dans une situation plus difficile que la Grèce.  Il y a beaucoup de collectivités territoriales qui ont investi dans les produits dérivés à risque. Tôt ou tard elles finiront par éclater et personne ne sait ce que se produira alors. Nous, l’Espagne, le Portugal, la France, nous sommes tous impliqués jusqu’au cou car il suffira d’un tout petit incident dans un remboursement de l’une de ces dettes pour provoquer une vraie catastrophe. Ils ne comprennent manifestement rien de ce qu’il se passe ces Messieurs G20.

Tout ceci n’est que la conséquence logique et implacable des choix politiciens. Celui par exemple de mentir en prétendant que ces dettes étaient soutenables à court, moyen et long terme. Celui, par exemple, de penser qu’acheter la paix sociale maintenant valait largement les sacrifices du futur ».

 

Marion, membre d’Oxfam. « Oui, nous sommes les Robins de bois modernes, car nous voulons prendre aux riches pour donner aux pauvres et ainsi rétablir l’égalité dans le monde. On voit bien que ça ne fonctionne pas aujourd’hui. Les politiques veulent faire combler le déficit public alors que ce sont qui l’ont créé. Nous demandons au gouvernement de mettre en place une taxe sur les transactions financières de 0.05%. Des centaines de milliards d’euros seraient ainsi récupérés pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique ».

Jay, de l’association KFCLU (Korean Federation of Clerical & Financial Labor Unions). « Nous venons de Corée du sud, là où notre mouvement est né lors du dernier sommet de ce type, en 2010. Oui à la taxe Tobin, il faut mettre les gens avant la finance. Un autre monde est possible, autant de slogans que l’on partage avec tous les altermondialistes. Nous savons que l’instauration d’une telle taxe financière sur les transactions ne suffira pas à réguler la finance globale, mais si le G20 prenait, ici à Nice, une telle décision, ce serait un signal fort et un moment critique pour l’économie globalisée. A Séoul, nous avons lancé le mouvement Occupy Yeouido qui marche bien. Mais la solidarité ne doit pas être que nationale, elle doit s’exporter à l’international ; c’est ce que nous pensons vraiment, et c’est la raison de notre présence à Nice. Nous chantons et continuerons à le faire que nous, les gens, et non le G20, sommes la vraie alternative. »

Gilles, paysan bourguignon. « En dix ans, la France a perdu un million de paysans. Le porc, par exemple, est acheté au producteur par les intermédiaires 1,30 euros le kilo, et il est revendu 10 euros en supermarché. Moi, grâce à la certification bio, je le vends 8 euros directement au consommateur. C’est vers ça qu’il faut tendre, et c’est vers l’exact opposé que les politiques actuelles nous mènent. Savez-vous que tout le saucisson vendu dans le commerce vient de truies de réforme. Des bêtes qui ne voient même pas le soleil. Pour les grands industriels, comme Justin Bridou pour ne pas le citer, le seul critère, c’est le prix. Et cela ne va pas en s’arrangeant, loin de là. En attendant, c’est notre santé qui en pâtit, forcément. »

Serena, militante de San Remo. « Nous sommes une centaine, et ça fait plaisir. Nous avons pu passer la frontière, mais cela a quand même été une épreuve. On s’est fait arrêter, bien évidemment, fouiller et cela nous a pris beaucoup de temps. Pourtant, nous sommes venus vraiment en bons enfants. Là c’est pareil, le cortège est pacifique, n’est-ce pas complètement démesuré comme surveillance policière ? Ils ont franchement peur ou quoi ? »

Le temps de lecture

In Culture, n°2296, Politique, Social on 6 octobre 2011 at 17:35

Le Festival du livre de Mouans Sartoux fera sans doute durant ces trois jours un éloge de la lenteur. Pourtant, ce week-end festivalier va passer très vite. Rencontres, cinéma, concert…

 C’est devenu un rendez-vous incontournable de notre territoire. Le Festival de Mouans Sartoux marque le début de l’automne mais aussi un lieu de rencontres pour faire un point après l’été et regarder l’année qui vient. Et celle-ci va être chargée avec les élections présidentielles et législatives d’autant que ce même week-end, se tiennent les fameuses (ou fumeuses ?) primaires du Parti Socialiste. Il faut donc parier sur une affluence très forte dans les allées des différents gymnases, dans les salles de débats et de cinéma.

La crise économique et systémique qui se poursuit et s’aggrave en Europe fait monter une colère populaire. Face à cela les révolutions arabes du printemps derniers ont apporté le vent d’espoir, qu’une résistance et qu’un soulèvement populaire est possible. Et c’est cela et bien plus qui sera évoqué au cours du festival avec notamment la venue de la bloggeuse Lina Ben Mhenni et la projection d’un film sur la révolution tunisienne Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh. Des pistes transversales vont être évoquées avec la discussion entre elle et Stéphane Hessel sur les réseaux de résistance. En effet, le réseau social Facebook fut un des outils de cette révolution. Internet permet d’aller vite, mais jusqu’où ? Car si la vitesse fut bénéfique, il est difficile d’arrêter un mouvement qui aurait pourtant besoin de se poser.

Farfouiller. « Face à la frénésie on ne peut que s’interroger. Où allons-nous si vite ? Peut-on encore ralentir ? Le faut-il ? Comment ? Pourquoi ? » écrit dans son édito la commissaire du festival Marie-Louise Gourdon. Et cette vitesse exponentielle ne pousse-t-elle pas vers un avenir qui pourrait déjà être du passé ? Beaucoup de questions dont il faudra s’emparer. On regrette bien évidemment que le philosophe Paul Virilio n’ait pas pu venir, lui qui travaille depuis très longtemps sur la technologie et la vitesse dans notre société. La vitesse sera aussi déclinée dans le secteur économique, énergétique, sociétale, familiale…

Mais comme chaque année, ce n’est pas toujours dans les têtes d’affiche ou les noms connus que l’on trouvera notre bonheur mais plutôt dans ces écrivains, essayistes, romanciers, éditeurs d’art qui proposent des réflexions et des idées en marge ou différentes que les découvertes seront les plus belles : Gus Massiah, Hervé Kempf, Shumona Sinha, Henri Pena-Ruiz, Vincent Glenn… La liste est trop exhaustive, trop réductrice Il faut donc prendre le temps de fouiller, de farfouiller, de lire et de discuter avec les auteurs présents sur les stands. Ces trois jours vont donc malheureusement passer très vite.

Julien Camy

 

Niça Rebèla, hommage à Mauris

Daniel Daumas, Miquèy Montanaro, Christian Bezet, Vincent Sgaravizzi et Aurélie Peglion seront présents à la salle Léo Lagrange le dimanche à 11 heures pour un hommage au chanteur occitan Mauris. Ce dernier consacra son temps libre à la création de chants sur des poèmes occitans  contemporains. Seul avec sa guitare, mais aussi avec des groupes locaux, Mauris aimait faire découvrir la musique occitane et, par ce biais, la culture niçoise. Mauris est mort en début d’été. Le moment s’annonce riche en émotions.

Quelques films à ne pas manquer

Parmi la quinzaine de films présentés, quelques uns sont rares et ne doivent pas être manqués ! Tout d’abord, le documentaire Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh, présenté au dernier festival de Cannes revient sur les évènements révolutionnaires en Tunisie. Cette plongée au cœur de la révolution du Jasmin est encore tout fraîche. Puis, l’empêcheur de tourner en rond, Pierre Carles viendra présenter son dernier film Gruissan à la voile et à la rame. Avec son compère Philippe Lespinasse, ils sont partis à la rencontre d’une humanité en marge vivant le long de ce littoral.

Il y aura aussi Indices de Vincent Glenn. Ce documentaire courageux car le sujet n’était pas facile, réussit avec brio à démonter le système économique qui fait que le PIB est toujours l’indicateur de richesse le plus cité. Enfin, Gasland de Josh Fox parcourt les territoires américains où l’exploitation du gaz de schistes à fait des ravages. Si les sujets évoqués ne sont pas toujours très gais, La Source des femmes de Radu Mihaileanu est un bon remède. Dans un village d’Afrique du Nord, les femmes décident de faire la grève du sexe tant que les hommes n’iront pas chercher l’eau à la source. Le réalisateur du Concert, réalise un conte drôle et touchant, plein de vie, et sans concession.

La Bataille de l’eau

In n°2296, Politique, Social on 6 octobre 2011 at 17:34

Deux délibérations « phares » et qui portent sur une longue période (20ans) ont marqué le dernier conseil municipal de Grasse.  La première concernait le choix de mode de gestion de l’eau potable, « affermé à la société Lyonnaise des Eaux » depuis janvier 1988 pour une durée de 25 ans, la seconde sur laquelle nous reviendrons de notre prochaine édition avait pour objet de déléguer sous forme de concession le canal du Foulon qui alimente les ¾ des foyers grassois et huit autres communes (dont Valbonne, et Mouans-Sartoux)

Pour le Maire UMP de Grasse, J.P. Leleux, seul à intervenir sur ce dossier « lourd » avec une de ses adjointes, la cause était entendue. Un bureau d’études, « IRH Ingénieur Conseil » sollicité par la municipalité a produit sans surprise un rapport qui concluait à la nécessité de continuer à gérer l’eau de la ville par une délégation au privé.

Ce bureau d’études auquel la mairie a fait appel dans le cadre d’une procédure Marché à Procédure Adapté (MAPA) a été choisi par le maire, sans que ne soient connes les critères de choix et la qualité en matière d’expertise, hors consultation de la Commission d’Appels d’Offres a souligné Paul Euzière.

Aussi le leader de Grasse à Tous dans une intervention fouillée a démontré, exemples à l’appui, que contrairement à ce qu’affirme J.P. Leleux, le choix le plus intéressant pour les Grassois est le retour à une régie municipale, situation qui a prévalue à la satisfaction générale jusqu’en 1988.

Rappelant la spécificité de la situation française dans le monde, Paul Euzière a tout d’abord souligné que « Si en France, un cartel de grandes compagnies s’est accaparé : Véolia pour 39%, La Lyonnaise-Suez pour 19% et le SAUR pour 11%, 70% du marché de l’eau, cette situation d’oligopole constitue une exception dans le monde puisque 7 à 8% seulement des marchés de l’eau sont confiés à des opérateurs privés. (…)La ligne de ces opérateurs financiers est simple : socialisation des pertes, privatisation des profits. »

Réquisitoire. Plus de 50 villes dont Paris, Bordeaux, Grenoble, des villes aussi bien dirigées par des municipalités de Gauche que de Droite ont « remunicipalisé » la gestion de l’Eau depuis 10 ans, à la suite de longues batailles contre les grandes sociétés privées.

Pour le Président de Grasse à Tous, « Il ne s’agit donc pas de présupposés idéologiques ; mais d’intérêt public. Et c’est à cette seule mesure qu’il s’agit de se prononcer. L’eau n’est ni de Droite, ni de Gauche, elle est patrimoine public et d’intérêt public. Sa gestion doit être défendue dans le seul intérêt public » A partir de là, Paul Euzière s’est livré à un réquisitoire contre la gestion privée qui n’a rien laissé dans l’ombre.

Dans le département, Grasse est parmi les grandes villes, « celle qui détient le record au palmarès de l’eau la plus chère ». Détaillant la facture d’eau des Grassois, Paul Euzière a dénoncé « la hausse vertigineuse » entre 1988 er 2010, de la « part fixe » (le compteur) multiplié par 9 pour les plus petits diamètres, par 22 pour les plus gros en 22 ans.

Quant à l’eau elle-même au m: « Le contrat d’affermage indiquait les prix suivants pour une facture ˝de base˝ de 120 m3, en 1988 : 1,83 F (HT),  en 2010 (rapport annuel de DSP 2009), pour une facture de 120 m3, l’eau était facturée aux Grassois : 1,84 € (HT) soit 12,14 F. Depuis 1988, le prix du m3 d’eau a donc été augmenté de 663% par la Lyonnaise. Qu’est-ce qui justifie une telle augmentation alors que Grasse détient la concession de la source du Foulon, que cette eau est gratuite, ne subit aucun traitement et que le canal du Foulon qui l’achemine est dans un état catastrophique ? » a questionné Paul Euzière.

Considérant que le Conseil « ne disposait pas des données indispensables au meilleur choix de gestion du service de l’eau » le groupe Grasse à Tous a demandé le retrait  « cette délibération basée sur une expertise incomplète et insuffisante », la  relance de «  la procédure de choix d’un cabinet d’expertises répondant aux normes de qualité NF X 50-110 et ISO 9001 », un audit de toute la gestion des eaux en DSP par la Lyonnaise depuis le 1er janvier 1988. Ils ont aussi réclamé que la Ville de Grasse s’appuie sur l’Espace Public Régional de l’Eau, structure créée par le Conseil Régional PACA dans le but précisément d’apporter une aide technique aux collectivités locales.

Nous reviendrons sur ce débat où sont également intervenus pour l’opposition M. Monzeglio (Grasse à Tous), B. Estampe et J. Faguer (Grasse à Vous)

 

T.G.

 

Inauguration sous contestation

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2295, Social on 30 septembre 2011 at 08:45

Le ministre du Travail Xavier Bertrand est venu inaugurer le nouvel hôpital Pierre-Nouveau à Cannes samedi 24 septembre. Loccasion pour le personnel hospitalier et les syndicats dexprimer leur mécontentement.

Ouvert il y a déjà trois mois, le nouvel établissement de 55 000m² a couté 230 millions d’euros. De l’argent investi dans 845 lits et dans des locaux et équipements ultra modernes, mais pas dans l’embauche. Un manque d’effectifs qui fait toujours cruellement défaut comme ont voulu le faire comprendre les syndicats et personnels hospitaliers présents sur place. « Notre but est de montrer quon est là et quil y a un mécontentement, la manifestation est malheureusement devenue le seul moyen pour nous de se faire entendre » déplore le Docteur Régis Kaphan, délégué syndical des praticiens de l’hôpital de Cannes. En tout c’est 180 personnes (environ 10% du personnel de l’hôpital) qui s’étaient rassemblées au quatrième étage du bâtiment afin de surplomber le lieu du discours du ministre. Des forces de l’ordre étaient présentes en grand nombre pour éviter tout affrontement entre manifestants et le ministre. Un seul mot d’ordre : empêcher les débordements. Pour ce faire, les conseillers du ministre demandent de faire évacuer le quatrième étage (sans succès), interdisent d’accrocher des banderoles ou de parler durant l’allocution.

Les blouses ont le blues. Distribution de tracts « information public », masques sur le visage, les raisons de la fronde du personnel hospitalier sont multiples.  « Avec le nouvel hôpital les conditions d’accueil des patients se sont améliorées, mais pas les conditions de travail » souligne Régis Kaphan. En effet, l’hôpital a désormais plus de surface mais toujours aussi peu de personnel. Embauche fréquente de contractuels, congés annuels repoussés voir supprimés, heures supplémentaires constantes ; les hôpitaux de la région tournent en effectifs minimums (voir Le Patriote numéro 2294). Parallèlement, s’ajoute une pression quotidienne de la part des dirigeants et des patients. Beaucoup de salariés ont l’impression de ne plus faire leur travail. « On investit plusieurs millions dans les locaux mais rien pour ceux qui y travaillent. Pour bien fonctionner il nous faudrait 180 personnes en plus » souligne François Ingalliniera, secrétaire de la CFDT de l’hôpital de Cannes.

Ouverture du dialogue. À son arrivé, le ministre Xavier Bertrand prend les devants. « Surement par manœuvre électorale, le ministre est monté directement nous voir avant son discours pour discuter de nos problèmes » raconte François Ingalliniera. Une démarche qui surprend mais qui rassure le Docteur Kaphan : « il est resté avec nous près dune demi-heure ». Le ministre a ensuite laissé sa place au directeur de son cabinet qui s’est entretenu pendant une heure avec les syndicats. Au final deux promesses : celle de débloquer 3 millions d’euros de l’Agence Régionale de Santé, et celle de revenir soutenir de nouveau le personnel de l’hôpital lors de sa visite au G20 en novembre. Mais faut-il encore que ces promesses débouchent sur des actes. Rien ne garantie que les fonds soient effectivement débloqués ou encore qu’ils servent à l’embauche de personnel. Xavier Bertrand a su séduire le personnel présent, il ne lui reste plus qu’a convaincre.

 

Allan Blanvillain

Sous effectifs à l’Education nationale

In n°2294, Politique, Social on 23 septembre 2011 at 10:55

La gronde continue. Après la surcharge des classes dans les différentes sections du primaire et du secondaire, c’est le manque d’enseignants dans les collèges et lycées qui est cette fois à l’ordre du jour.

Une crise sans égal depuis près de vingt ans. C’est ainsi que Richard Ghis, secrétaire général du SNES-FSU de l’académie de Nice, voit la situation actuelle. « Nous n’avions pas connu de pareille crise du personnel depuis celle du début des années 90 ». Il est vrai qu’il y a de quoi se faire du souci. Les postes de titulaires ne sont pas tous comblés. Bon nombre d’entre eux restent vacants, et sont donc occupés par des Titulaires sur Zone de Remplacement. Un point qui fâche, puisqu’il nécessite de piocher dans les effectifs de personnel remplaçants pour des postes annuels. Qui plus est, ce type de personnel a déjà vu son nombre baisser par rapport à l’an dernier. Ils sont 860 à être considérés comme TZR pour cette année, contre 943 l’an dernier. Un chiffre dérisoire compte tenu du nombre de remplacements à assurer. L’Etat préconise 6% de personnel remplaçant. Hors, pour l’année 2010-11, l’Académie de Nice n’était qu’à 4%, et cela tend à baisser. Pour les syndicats, il en faudrait au minimum 8% afin que l’enseignement soit vraiment de qualité et que tout se passe sans problèmes.

Pour l’Académie de Nice, 68% des TZR étaient déjà réquisitionnés pour occuper des postes restés vacants au 5 septembre. Cela sans forcément prendre en compte les congés maternités et longues maladies qui étaient prévus dans certains établissements. Un élément en plus qui marque fortement le manque de personnel dans notre Académie. En arrondissant, il ne reste donc plus que 30% des effectifs pour assurer les remplacements sur le Var et les Alpes-Maritimes, qu’ils soient de courte ou de longue durée. Un tableau a d’ailleurs été établi par le SNES pour localiser les problèmes de remplacement qui risquent de se poser.

Des classes sans professeurs

Pour la région de Cannes-Grasse-Antibes, aucun remplaçant en Lettres Modernes n’est disponible. Il en va de même pour l’Anglais. Il y en avait neuf au 6 septembre, ils sont d’ores et déjà tous placés jusqu’à la fin juin 2012, et ce pour toute l’Académie. Même problème dans le var, en Histoire-Géographie, où aucun TZR n’est disponible pour les régions de Toulon et alentours ainsi que pour la partie Fréjus/Saint-Raphaël/Saint-Tropez. Le plus grave, c’est que certains établissements se retrouvent déjà sans professeurs pour assurer certains cours. Il y a cinq classes pour qui le cours de Mathématiques n’est plus assuré au collège de Breil-sur-Roya. Un poste et demi en informatique et Gestion est toujours à pourvoir au lycée Estienne d’Orves. Tout cela depuis le 6 septembre. Alors que le Rectorat appuie sur la personnalisation de l’enseignement et sa qualité, il apparaît difficile d’atteindre les objectifs fixés avec de tels problèmes.

Les professeurs ne sont pas les seuls dans ce train. Les COPSY, conseillers d’orientation psychologue, connaissent eux aussi une crise de recrutement. Bien que réclamés par les familles, il n’y en a plus un seul de disponible alors que bon nombre de postes restent vacants. Il faut également rajouter à cela le fait que certains enseignants non titulaires ne veulent plus enseigner. Compte tenu du traitement qui leur est réservé, ils préfèrent changer de voie. Un point supplémentaire qui risque d’être soulevé lors des prochaines réunions. L’ouverture d’une boite mail par le SNES permet de recueillir les informations nécessaires pour lister les classes sans professeurs. Une liste qui sera remise à l’administration afin de tenter de sensibiliser le Recteur à ces problèmes. Un comité technique paritaire est également espéré, pour faire le point sur la rentrée et essayer de faire bouger les choses, comme cela a pu être le cas pour le primaire récemment.

Romain Chardan.

Réanimation – Grasse – Fermeture annoncée : « C’est insensé ! »

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2294, Social on 23 septembre 2011 at 10:54


Les menaces sur la fermeture du service de réanimation de l’hôpital de Grasse se précisent. Les documents préparatoires à la réorganisation régionale des services de santé, sont clairs et indiquent bien qu’il ne doit rester dans le bassin Cannes-Grasse qu’un seul service de réanimation. Entretien avec Patrice Cattaert, représentant du syndicat hospitalier CGT de Grasse.

 

Pensez-vous que cela peut être vraiment envisageable ?

« D’abord, le nouveau schéma régional de l’organisation sanitaire est dans sa phase de préparation, et tout n’est pas encore défini. Malgré tout, ce projet de ramener à un seul service de réanimation sur le bassin Cannes-Grasse est une réelle volonté de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Cette agence, créée avec la loi Hôpital-Patients-Santé-Territoires (loi Bachelot), et après de nombreux mois passés à son installation, est maintenant opérationnelle pour appliquer les objectifs définis dans cette loi votée en juillet 2009 : regrouper, fusionner, supprimer des activités hospitalières pour « optimiser » l’offre de soins, … en réalité, pour la réduire. Dans une seule logique comptable, sans se préoccuper des besoins en santé des populations.

Un tel projet ne peut être envisageable ! L’effet domino sur un bon nombre d’autres activités de l’hôpital (Chirurgie, urgences, maternité, médecines, …) serait considérable. Un bon nombre d’actes médicaux et chirurgicaux ne seraient plus possibles.

Alors que la démographie s’accroît fortement dans ce pays grassois très étendu, et que par conséquent les besoins augmentent, l’hôpital de Grasse se retrouverait en situation de ne plus pouvoir se développer, et même de réduire son offre de soins. C’est insensé !

En tout cas, les grassois et tous les habitants des communes avoisinantes sont fermement opposés à un tel projet et soutiennent ardemment les initiatives telles celles des organisations syndicales CGT et FO du centre hospitalier Grasse ou de notre comité de défense hôpital santé 06 qui organise une réunion publique à Grasse le 22 septembre et lance une pétition adressée au Ministre pour le maintien de ce service au sein de cet hôpital.

Dans plusieurs communes et communautés d’agglomération, les conseils municipaux et communautaires ont déjà voté des motions en ce sens : à Grasse, à Cabris, à Peymeinade, au Tignet, à Pôle Azur Provence, les Terres de Siagne ».

Vous vous êtes très rapidement mobilisés cet été. Avez-vous obtenu des explications ? Un dialogue est-il possible avant que la décision soit entérinée ?

« Dès que nous avons appris qu’un tel projet était en discussion à l’ARS, et connaissant les nombreux ravages ici et là, dans tout le pays, de la politique de santé menée aujourd’hui, sans la moindre concertation, nous nous devions de réagir très vite.

Le directeur de l’ARS, lors d’une visite à Grasse le 2 septembre dernier, a tenu des propos qui peuvent paraître rassurants, en affirmant que « la fermeture n’était pas à ce jour envisagée », tout en rajoutant que « la question de l’évolution de ce service de réanimation reste posée ». Ce discours d’une telle jonglerie ne doit pas tromper les gens. Il n’y a là rien de rassurant ! Ce regroupement des lits de réanimation est bel et bien dans les projets de l’ARS.

Le dialogue n’étant pas le point fort de nos dirigeants ni de leurs états majors -c’est le moins qu’on puisse dire-, et qu’il n’y a aucune garantie que les tout derniers rapports d’activité de la réanimation (en augmentation) remis à l’ARS par la direction de l’hôpital et les médecins de ce service, changent quoi que ce soit dans les choix de l’ARS, nous appelons les usagers à maintenir et amplifier leur mobilisation en signant et en faisant signer la pétition pour le maintien de ce service ».

Propos recueillis par Lidice BUSOT

Chères études

In n°2291, Social on 2 septembre 2011 at 10:50

Chaque année, la rentrée coûte chère. La population étudiante subit de plein fouet l’inflation. Syndicats et associations tirent la sonnette d’alarme. La rentrée 2011 est particulièrement onéreuse.

Selon le syndicat de l’Union Nationale des Étudiants de France, le coût de la vie étudiante est en hausse de 4,1 %. C’est dans ce contexte que la Fédération des Associations et Corporations Étudiantes des Alpes-Maritimes (FACE 06) publie son premier indicateur annuel du coût de la rentrée, le bilan est préoccupant. Son président, Pierre Barane, précise que « cette étude vise à porter des revendications, ainsi qu’a permettre une visibilité territoriale ». Un étudiant niçois doit débourser 1.199 euros par mois pour vivre normalement et ainsi lui permettre de se focaliser sur ses études. Un montant gonflé en grande partie par les frais de logement. Ils représentent la moitié du budget d’un étudiant qui ne vivrait pas en cohabitation. Un autre constat vient noircir le tableau. L’enquête de 2010 de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes indique que les étudiants sont les premières victimes des arnaques et clauses abusives en tout genre. «Un étudiant par définition est fragile, alors certains propriétaires en profitent. Quand on voit certaines résidences étudiantes privées afficher des prix aussi exorbitants pour un 15 m², c’est la pénurie qui fait l’offre», explique le président de la FACE 06. En effet, le CROUS ne répond qu’a 10 % des demandes. Actuellement en réfection, le parc universitaire du CROUS prévoit d’agrandir la surface de ses chambres, et par là même, le prix des loyers. Il passe de 159 euros à 213 euros. Thomas Waret, président de l’Union des Étudiants Communistes alerte les jeunes qui se précipitent sur les offres en résidence étudiante : «Les étudiants croient que c’est moins cher de se loger en résidence privée, c’est aussi plus facile, mais pourtant cela peut devenir une véritable arnaque en raison du prix au mètre carré ».

SMIC. A son arrivée dans la vie étudiante à Nice, un jeune devra débourser pour sa rentrée universitaire et ses frais d’installation 2.450 euros. Une dépense 3,29 % supérieure à la moyenne nationale. Le rapport de la FACE 06 fait aussi état d’une augmentation des frais d’inscription. + 1,72 % en licence, + 6 % en master et + 3,6 % en doctorat. Même la Sécurité sociale est en hausse. + 1,50 %. Du coup c’est la part consacrée à la santé qui trinque : une complémentaire devient un luxe. C’est plus d’un Smic dont aurait aujourd’hui besoin un étudiant pour couvrir ces dépenses. Pour joindre les deux bouts, ils sont évidemment de plus en plus nombreux à travailler en parallèle aux études. Quitte à parfois devoir « sécher » pour le boulot. En toile de fond, l’endettement étudiant inquiète lui aussi. Les banques n’hésitent pas à proposer des formules de prêts à taux zéro, particulièrement séduisante pour les jeunes. Mais cela à un effet pervers.  Cette pratique est dénoncée par l’U.E.C. : « Quand l’étudiant arrive sur le marché du travail, il commence avec un Smic et a des difficultés à rembourser sa banque. Il est alors endetté pour une longue période. Cela crée un handicap supplémentaire.» C’est donc dans un contexte particulièrement difficile que l’étudiant rentre dans la vie active avec déjà de lourdes créances. De surcroit un étudiant doit attendre environ deux ans en moyenne après l’obtention de son diplôme pour trouver un emploi.

Carole Durand