La rédaction du Patriote

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Nouvelle carte de l’intercommunalité : Circulez, y a rien à voir !

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2306, Politique on 16 décembre 2011 at 10:09

Les grilles du Palais Sarde à Nice sont restées fermées à des manifestants motivés par des revendications légitimes, tandis que sous les ors du bâtiment se jouait l’avenir du découpage administratif du département des Alpes-Maritimes.

 

La Commission départementale de la coopération intercommunale se réunissait une ultime fois en 2011, avant que le nouveau découpage du département ne soit effectivement adopté par 34 voix pour, 11 contre (Francis Tujague, Noël Albin, Gérard De Zordo, Emile Tornatore, André Aschieri, Marie-Louise Gourdon, Patrick Allemand, Marc Daunis, Maxime Coullet, Michèle Tabarot, Henri Leroy), et une abstention (le maire de Cannes Bernard Brochand). Quatre heures de prises de paroles auront suffi à ceux qui le soutenaient pour entériner le schéma proposé par le préfet. A savoir, des Alpes-Maritimes divisés en six différentes intercommunalités : Communauté d’agglomération de la Riviera française étendue à toute la vallée de la Roya, la Communauté de communes du Pays des paillons, la Métropole niçoise (séparant littéralement le territoire en deux parties distinctes), la Communauté d’agglomération de Sophia-Antipolis étendue, les Communautés de communes Cians Var Vallée d’Azur fusionnées, et la Communauté Scot de l’ouest (regroupant notamment des communes isolées : Cannes, Mandelieu, Le Cannet, Théoule).

En force. Le problème, c’est que cela s’apparente à un passage en force. Le vote de vendredi ne reflète pas la position de la plupart des communes. Sur les 163 qui composent le département, 112 d’entre elles ont voté contre en Conseil municipal. 35 syndicats sur 38 ont rejeté le schéma du préfet, et 11 intercommunalités sur 14. Il faut aussi évoquer les référendums organisés à Mouans-Sartoux où dans la vallée de la Roya, et dont le résultat négatif, on s’en rappelle, était sans appel.

Quelle représentation avait donc cette Commission pour que le vote entérine d’une manière aussi nette un projet vraisemblablement rejeté par la population quand celle-ci a pu s’exprimer ? Dehors, sur la place Pierre Gautier, quelques dizaines de manifestants voulaient pouvoir exprimer leurs revendications. Ils n’ont pas pu entrer. « Cette manifestation n’a pas été déclarée, se défendait le préfet Jean-Michel Drevet. Il y a parmi les personnes présentes, continuait-il sans sourciller, des gens qui ont semé la perturbation lors de précédentes réunions, j’ai donc demandé à la police de ne pas les laisser entrer. » Pourtant, la séance était publique. « Oui, il y a du public. » Effectivement. Trié sur le volet. Enième exemple de la tendance actuelle en ce qui concerne des réunions importantes : elles ont lieu en vase clos.

Démocratie galvaudée. Devant les grilles, les manifestants réclamaient une concertation et une reconnaissance de la population. Craignant par dessus tout la réelle perte d’indépendance des communes.

A l’intérieur, le maire de Contes et Conseiller général Francis Tujague proposait un amendement. « Je demande la modification du schéma pour permettre la création d’une communauté de commune de la Roya composée des communes de Tende, La Brigue, Saorge, Fontant et Breil s/ Roya. » Refusé. La Communauté de la Riviera française englobera tout le périmètre.

D’autres, à l’instar du maire de Mouans-Sartoux André Aschieri, penchaient pour un moratoire. Balayé d’un revers de main. L’amendement n’a même pas été soumis à la commission.

En résumé et pour faire très court : la population ne décide pas de son avenir. Ni même les élus d’ailleurs. Seuls quelques privilégiés ont dessiné entre eux la nouvelle carte des Alpes-Maritimes.

RF

 

Le racisme, à pas de Guéant

In n°2305, Politique on 9 décembre 2011 at 12:11

Après les sans-papiers, dans le viseur depuis longtemps, le gouvernement vise maintenant l’immigration régulière. Dans le cadre du lancement d’une campagne présidentielle qui chassera à nouveau en terre extrême.

C’est le ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui le fanfaronnait récemment : la France accepte trop d’étrangers en situation régulière chaque année, il faut donc limiter l’immigration légale en agissant notamment sur les demandes d’asile, le regroupement familial ou le recrutement des étrangers, dont les étudiants en fin de cycle. Autre mesure, confirmée ce mardi par Claude Guéant : croiser les fichiers des étrangers avec celui de la sécurité sociale pour mieux lutter contre la fraude. « Il n’y a pas de ciblage particulier des personnes de nationalité étrangère », a assuré le ministre. Belle oxymore, qui confirme que les recettes de Nicolas Sarkozy en 2007 seront à nouveau appliquées en 2012. Le responsable départemental du syndicat CGT le confirme : « Au niveau de la stigmatisation des étrangers, nous voyons que le thème bat son plein dans les rapports que nous entretenons avec la préfecture pour les dossiers des sans-papiers, explique Didier Turrini. Dans cette période où le gouvernement est dans l’incapacité de faire baisser le chômage, ce sont les sans-papiers qui sont les boucs émissaires, alors que pour la plupart ils occupent des postes qui ne sont pas déclarés donc ils ne pourraient en aucun cas participer à la hausse du chômage. »

Institutions. Bernard Neuville, responsable de l’association Vie & Partage qui vient notamment en aide aux demandeurs d’asile s’interroge sur l’attitude du ministre. « Nous avons un ministre de la République qui s’autorise à dire que les demandes d’asile ne sont pas toujours sincères et qu’elles masquent des immigrations économiques. A quoi servent les institutions ? L’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) travaille à cela, même si les conditions dans lesquelles elle le fait s’abîment, c’est un organisme qui existe ! C’est lui qui est censé évaluer la véracité de la demande. D’ailleurs, l’écrasante majorité des dossiers sont rejetés, ça il faut le savoir. Alors, si le ministre doute des institutions, où va-t-on ? » Déjà, pour lui, le traitement des demandes d’asile avait vécu un tournant avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Par le changement de tutelle de cet organisme. Avant, l’Ofpra était placé sous l’égide du ministère des Affaires Etrangères, puis sous Brice Hortefeux, il a dépendu du ministère de l’Immigration pour maintenant appartenir au ministère de l’Intérieur. « Cela montre qu’il n’y a plus de vision de respect des engagements internationaux mais que cela devient une variante de gestion du flux migratoire. Le mal était déjà fait. »

Effets durables. Amnesty International dresse un constat qui n’est pas très éloigné. Jacques-Noël Bouttefeux-Leclercq rappelle l’épisode de la gestion des émigrés tunisiens à la frontière entre la France et l’Italie : « Dans les Alpes-Maritimes, on a connu la façon dont on a bloqué la frontière en dépit des conventions internationales. Le problème, c’est que nous sommes dans un état de droit, mais que tous les jours, on détourne ces droits. » De manière parfois ubuesque. « Qu’est ce que c’est que cette histoire de renvoyer ceux qui ne sont pas ressortissants européens une fois leurs études finies ? C’est une connerie monumentale ! On marche sur la tête, on dessert nos propres intérêts pour essayer de récupérer quelques voix à l’extrême droite. » Pour autant, lorsqu’on ajoute cette énième déclaration autour de ce thème à celles déjà nombreuses lors du débat sur l’identité nationale, sur les Roms et autres, cela crée tout un climat qui peut s’installer dans la durée. Ainsi Christian Masson, pour le Mrap (Mouvement contre le racisme) estime que ces propos ne sont pas que liés à la période présidentielle. « Ce n’est pas uniquement conjoncturel, mais aussi lié à la crise. Il y a un repli sur soi identitaire. Cela rappelle la politique des années 30 avec les Polonais et les Belges à l’époque qui étaient renvoyés chez eux en masse. Je pense malheureusement que cela aura des effets beaucoup plus longs et graves sur notre société. »

R.F.

Bientôt la fin des inscriptions sur les listes électorales

In n°2305, Politique on 9 décembre 2011 at 12:09

Plus que quelques jours avant la fin de l’année et la fermeture des inscriptions sur les listes électorales. L’année 2012 sera, en effet, marquée par deux élections importantes. D’une part, la présidentielle, le 22 avril et le 6 mai, et ensuite les 10 et 17 juin les élections législatives.

Au service des élections de la ville de Nice ça se bouscule. 2012 nous réserve des échéances importantes et les Niçois comptent bel et bien ne pas manquer ce rendez-vous. « A la fin du mois de novembre nous avons enregistré 12 100 nouvelles inscriptions contre environ 11 000 à la même période en 2006, année précédant la dernière élection présidentielle », explique Marc Dotta, directeur du service des élections de la Ville de Nice.

Dans le service, tout est prévu pour accueillir les nouvelles inscriptions qui risquent d’arriver en masse dans les jours qui viennent. Juste le dernier samedi du mois de décembre 2006 -à la veille de la dernière présidentielle- les agents ont enregistré 880 dossiers dans la journée. Cette fois-ci, ils souhaiteraient que les retardataires prennent de l’avance afin d’éviter que le dossier ne soit pas reçu par manque ou péremption des pièces justificatives demandées.

Les démarches requises sont assez simples. « Cela peut même se faire sur Internet », précise le conseiller municipal Auguste Vérola. Il suffit de se connecter sur le site http://www.mon.service-public.fr. Les justificatifs -pièce d’identité et preuve du domicile- doivent être numérisés. Selon les statistiques du service des élections niçois, 10% des inscriptions se font sur internet. Cependant, la démarche peut se faire personnellement au service des élections de toutes les mairies annexes.

Inscrits d’office. Les jeunes qui auront 18 ans avant le 29 février sont inscrits d’office, grâce au recensement lors de la journée défense et citoyenneté (JDC), une étape obligatoire l’année de leur majorité. Mais 15% d’entre eux passent au travers de cette procédure automatique. Toutes les personnes qui viennent d’obtenir la nationalité française sont également inscrites d’office.  

Quant aux jeunes actifs de plus de 18 ans, qui vivent chez leurs parents, ils devront fournir la taxe d’habitation de ces derniers ainsi qu’une attestation sur l’honneur. Les étudiants devront présenter leur carte d’étudiant de l’année scolaire en cours.

En tous les cas, le service des élections sera ouvert le samedi 31 de 8h30 à 17h. Dans d’autres villes, comme Cannes, par exemple, les bureaux ne seront ouverts que jusqu’au vendredi.

Sur les listes électorales, 43,2 millions de Français sont enregistrés. Les inscriptions sont obligatoires selon le code électoral, cependant, les non inscrits n’encourent aucune sanction pénale. Selon l’INSEE, juste avant la présidentielle de 2007, près de 1,4 million de personnes figuraient pour la première fois sur les listes (soit 3,4% du corps électoral). Pour 2012 ils estiment que le nombre d’inscriptions sera deux à trois fois plus important et pourrait atteindre les cinq millions.

Vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire, si vous n’êtes pas encore inscrit, car, voter est un acte citoyen. Comme l’a rappelé, à juste titre, Auguste Vérola : « aujourd’hui en France, il y a trop de problèmes internes et externes pour rester chez soi ».

Lidice BUSOT

Anti-G20 à Nice: défilé… de témoignages

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2300, Politique, Social, Uncategorized on 4 novembre 2011 at 11:42

Denis Robert, journaliste, écrivain, et célèbre pour sa lutte contre les paradis fiscaux. « Je n’ai pas été manifester dans l’après-midi car je ne me sens pas altermondialiste. Mais on a beaucoup insisté pour que je vienne ce soir, dans le cadre de cette soirée festive. Le lendemain, j’interviendrai dans un lycée et je suis particulièrement content d’être là. C’est aussi grâce à ces personnes que j’ai pu me sortir financièrement des énormes coûts engendrés par les multiples procès. Plus de 4 000 personnes ont donné à mon comité de soutien. Vous savez, mon combat contre Clearstream a été long et très éprouvant, mais je n’ai jamais été déprimé. Au final, ce qui me réconforte, c’est qu’ils ont tout perdu, et que récemment, la Cour de Cassation m’a donné raison. Du coup, j’ai espoir dans la suite puisque je pars du principe qu’on ne peut pas me donner raison sur le plan judiciaire et laisser prospérer ce système que je dénonce : celui des chambres de compensation. En fait, je considère qu’il n’est pas très compliqué de contrôler, voire juguler cette crise financière : il faut parler des back-offices des banques. Imaginez une somme comme celle qui émerge des comptes de Clearstream, celle qu’elle a annoncée en début d’année comme étant les valeurs conservées dans ses comptes : 11,4 trillions d’euros.

Oui les politiques peuvent reprendre la main avec un minimum de volonté ! »

Franco, ex-sénateur italien (Rifondazione Comunista). « En Italie, nous avons eu une fracture sociale avec beaucoup de décrets à l’encontre des intérêts des salariés, nous avons eu une coupure brutale du budget social. On prévoit de rehausser l’âge légal de départ à la retraite dans quelques années à 67 ans, nous avons eu un plan de privatisation énorme… Nous pouvons nous retrouver dans une situation plus difficile que la Grèce.  Il y a beaucoup de collectivités territoriales qui ont investi dans les produits dérivés à risque. Tôt ou tard elles finiront par éclater et personne ne sait ce que se produira alors. Nous, l’Espagne, le Portugal, la France, nous sommes tous impliqués jusqu’au cou car il suffira d’un tout petit incident dans un remboursement de l’une de ces dettes pour provoquer une vraie catastrophe. Ils ne comprennent manifestement rien de ce qu’il se passe ces Messieurs G20.

Tout ceci n’est que la conséquence logique et implacable des choix politiciens. Celui par exemple de mentir en prétendant que ces dettes étaient soutenables à court, moyen et long terme. Celui, par exemple, de penser qu’acheter la paix sociale maintenant valait largement les sacrifices du futur ».

 

Marion, membre d’Oxfam. « Oui, nous sommes les Robins de bois modernes, car nous voulons prendre aux riches pour donner aux pauvres et ainsi rétablir l’égalité dans le monde. On voit bien que ça ne fonctionne pas aujourd’hui. Les politiques veulent faire combler le déficit public alors que ce sont qui l’ont créé. Nous demandons au gouvernement de mettre en place une taxe sur les transactions financières de 0.05%. Des centaines de milliards d’euros seraient ainsi récupérés pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique ».

Jay, de l’association KFCLU (Korean Federation of Clerical & Financial Labor Unions). « Nous venons de Corée du sud, là où notre mouvement est né lors du dernier sommet de ce type, en 2010. Oui à la taxe Tobin, il faut mettre les gens avant la finance. Un autre monde est possible, autant de slogans que l’on partage avec tous les altermondialistes. Nous savons que l’instauration d’une telle taxe financière sur les transactions ne suffira pas à réguler la finance globale, mais si le G20 prenait, ici à Nice, une telle décision, ce serait un signal fort et un moment critique pour l’économie globalisée. A Séoul, nous avons lancé le mouvement Occupy Yeouido qui marche bien. Mais la solidarité ne doit pas être que nationale, elle doit s’exporter à l’international ; c’est ce que nous pensons vraiment, et c’est la raison de notre présence à Nice. Nous chantons et continuerons à le faire que nous, les gens, et non le G20, sommes la vraie alternative. »

Gilles, paysan bourguignon. « En dix ans, la France a perdu un million de paysans. Le porc, par exemple, est acheté au producteur par les intermédiaires 1,30 euros le kilo, et il est revendu 10 euros en supermarché. Moi, grâce à la certification bio, je le vends 8 euros directement au consommateur. C’est vers ça qu’il faut tendre, et c’est vers l’exact opposé que les politiques actuelles nous mènent. Savez-vous que tout le saucisson vendu dans le commerce vient de truies de réforme. Des bêtes qui ne voient même pas le soleil. Pour les grands industriels, comme Justin Bridou pour ne pas le citer, le seul critère, c’est le prix. Et cela ne va pas en s’arrangeant, loin de là. En attendant, c’est notre santé qui en pâtit, forcément. »

Serena, militante de San Remo. « Nous sommes une centaine, et ça fait plaisir. Nous avons pu passer la frontière, mais cela a quand même été une épreuve. On s’est fait arrêter, bien évidemment, fouiller et cela nous a pris beaucoup de temps. Pourtant, nous sommes venus vraiment en bons enfants. Là c’est pareil, le cortège est pacifique, n’est-ce pas complètement démesuré comme surveillance policière ? Ils ont franchement peur ou quoi ? »

L’austérité façon 06

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2300, Politique on 4 novembre 2011 at 11:29

Réunion du Conseil général autour des orientations budgétaires du département pour 2012. Etait également voté le nouveau plan contre les inondations dans la plaine du Var.

Sans surprise, la priorité affichée du président du Conseil général pour l’an prochain, est la diminution de la dette. « Le département des Alpes-Maritimes prend aussi, à son échelle, ses responsabilités quant aux finances publiques. » Eric Ciotti revenait ainsi dans son introduction sur les économies déjà réalisées depuis 2008, qui sont, dit-il, de l’ordre de 113 millions d’euros. Haro dés lors, sur les dépenses de fonctionnement. « Nous faisons pression sur le fonctionnement, et nous continuerons. Depuis trois ans, ce poste budgétaire a été maintenu au même niveau : 960 millions d’euros. »

L’investissement est également en baisse comparé à ce qu’il fut ; le ratio passe à 280 euros par habitants, quand il était supérieur à 400 il y a quelques années en arrière, à la belle époque des droits de mutation florissants. Ceux-ci d’ailleurs repartent à la hausse amenant des recettes supplémentaires à hauteur de 20%. « Mais le fonds de péréquation récemment mis en place, nuançait le président, qui est une contribution des départements les plus riches à renflouer les caisses des plus mal lotis, nous demande une participation de 21 millions d’euros. »

Enfin, développait-il, l’objectif premier de cette année prochaine, est la baisse du recours à l’emprunt : c’est même, pour la première fois, d’emprunter moins que ce qua la collectivité rembourse.

Tous responsables ? « Vos orientations budgétaires, c’est l’austérité à la mode 06 ! » démarre Jacques Victor (photo) pour le groupe Communiste. Alors que, quelques instants avant, Eric Ciotti rappelait que le nombre d’agents avait fortement diminué (de 5 100 en 2008 à 4 777 en 2010, et 4 500 en 2012), l’élu du troisième canton de Nice estimait que « pour justifier ces mesures, l’accompagnement idéologique de culpabilisation de toutes les catégories de population, des collectivités territoriales, des grandes institutions, se résume derrière votre credo : la « réduction des déficits publics », comme si tous en étaient responsables au même titre. » Estimant aussi qu’il n’y a « rien à craindre d’une politique d’endettement dés lors qu’elle porte sur des investissements indispensables pour les années à venir, créateurs d’activité économique, d’emplois et de recettes par ailleurs », le locuteur du groupe Communiste détaillait longuement les raisons pour lesquelles il – le groupe – voterait contre.

« Mourir pour le triple A, grâce à la maîtrise des dépenses de fonctionnement, quelle belle ambition ! » s’exprimait l’éloquent Marc Concas pour le groupe Socialiste. Il relevait notamment que les crédits pour la forêt, pour les pôles d’excellence rurale, pour la résorption des points noirs routiers ou encore pour le « plan jeunes » ou l’aide à l’hébergement des personnes âgées n’ont pas beaucoup d’avenir dans le département.

Tous perdants ? Non, ce budget n’a pas eu les faveurs de l’opposition qui reconnaissait pourtant qu’il y avait un gagnant. « Celle qui n’aura qu’à se féliciter de cette situation, admettait Jacques Victor, c’est la Métropole imposée à marche forcée. On ignore à cet instant ce que sera l’exacte ampleur de notre contribution pour votre allégeance, mais on peut légitimement penser que le département va devenir le principal pourvoyeur de fonds de la Métropole afin de satisfaire à tous les caprices d’aménagement, tels que le Grand Stade et autres Coulée Verte, dont les très grosses entreprises vont pouvoir se repaître tandis que nos communes et nos populations seront sommées de passer à la caisse, alors même que la satisfaction de leurs besoins les plus essentiels continuera d’être ignorée. » Marc Concas demandait une session extraordinaire de l’assemblée avant la fin de l’année, pour qu’il puisse y avoir débat sur la question du schéma intercommunal proposé par le Préfet, et Marie-Louise Gourdon, élue de Mouans-Sartoux, rappelait que les élus de l’ouest du département (du SCOT de l’ouest) avaient très majoritairement voté contre ce schéma. « Vous ne nous écoutez pas, mais on saura se faire entendre », concluait-elle.

Tous payants. Vient aussi le rapport sur le Programme d’actions de prévention des inondations n°II du fleuve Var, le sympathiquement nommé Papi. Un montant global de 65 millions d’euros. « Nous avons déjà lourdement contribué au Papi n°I de ce fleuve dans le but affiché de protéger les populations mais au final plus pour préparer le terrain à l’Opération d’Intérêt National », lançait Marc Concas. « On ne voit pas beaucoup d’intervention de la part de Nice Côte d’Azur », ajoutait le grassois Jean-Raymond Vinciguerra. Une preuve déjà que Jacques Victor disait probablement vrai : le Conseil général deviendra-t-il le principal pourvoyeur de fonds de la Métropole ?

D’autres points étaient à l’ordre du jour tels que le schéma gérontologique (voir Patriote n°2299) départemental, rejeté par l’opposition.

R.F.

Le temps de lecture

In Culture, n°2296, Politique, Social on 6 octobre 2011 at 17:35

Le Festival du livre de Mouans Sartoux fera sans doute durant ces trois jours un éloge de la lenteur. Pourtant, ce week-end festivalier va passer très vite. Rencontres, cinéma, concert…

 C’est devenu un rendez-vous incontournable de notre territoire. Le Festival de Mouans Sartoux marque le début de l’automne mais aussi un lieu de rencontres pour faire un point après l’été et regarder l’année qui vient. Et celle-ci va être chargée avec les élections présidentielles et législatives d’autant que ce même week-end, se tiennent les fameuses (ou fumeuses ?) primaires du Parti Socialiste. Il faut donc parier sur une affluence très forte dans les allées des différents gymnases, dans les salles de débats et de cinéma.

La crise économique et systémique qui se poursuit et s’aggrave en Europe fait monter une colère populaire. Face à cela les révolutions arabes du printemps derniers ont apporté le vent d’espoir, qu’une résistance et qu’un soulèvement populaire est possible. Et c’est cela et bien plus qui sera évoqué au cours du festival avec notamment la venue de la bloggeuse Lina Ben Mhenni et la projection d’un film sur la révolution tunisienne Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh. Des pistes transversales vont être évoquées avec la discussion entre elle et Stéphane Hessel sur les réseaux de résistance. En effet, le réseau social Facebook fut un des outils de cette révolution. Internet permet d’aller vite, mais jusqu’où ? Car si la vitesse fut bénéfique, il est difficile d’arrêter un mouvement qui aurait pourtant besoin de se poser.

Farfouiller. « Face à la frénésie on ne peut que s’interroger. Où allons-nous si vite ? Peut-on encore ralentir ? Le faut-il ? Comment ? Pourquoi ? » écrit dans son édito la commissaire du festival Marie-Louise Gourdon. Et cette vitesse exponentielle ne pousse-t-elle pas vers un avenir qui pourrait déjà être du passé ? Beaucoup de questions dont il faudra s’emparer. On regrette bien évidemment que le philosophe Paul Virilio n’ait pas pu venir, lui qui travaille depuis très longtemps sur la technologie et la vitesse dans notre société. La vitesse sera aussi déclinée dans le secteur économique, énergétique, sociétale, familiale…

Mais comme chaque année, ce n’est pas toujours dans les têtes d’affiche ou les noms connus que l’on trouvera notre bonheur mais plutôt dans ces écrivains, essayistes, romanciers, éditeurs d’art qui proposent des réflexions et des idées en marge ou différentes que les découvertes seront les plus belles : Gus Massiah, Hervé Kempf, Shumona Sinha, Henri Pena-Ruiz, Vincent Glenn… La liste est trop exhaustive, trop réductrice Il faut donc prendre le temps de fouiller, de farfouiller, de lire et de discuter avec les auteurs présents sur les stands. Ces trois jours vont donc malheureusement passer très vite.

Julien Camy

 

Niça Rebèla, hommage à Mauris

Daniel Daumas, Miquèy Montanaro, Christian Bezet, Vincent Sgaravizzi et Aurélie Peglion seront présents à la salle Léo Lagrange le dimanche à 11 heures pour un hommage au chanteur occitan Mauris. Ce dernier consacra son temps libre à la création de chants sur des poèmes occitans  contemporains. Seul avec sa guitare, mais aussi avec des groupes locaux, Mauris aimait faire découvrir la musique occitane et, par ce biais, la culture niçoise. Mauris est mort en début d’été. Le moment s’annonce riche en émotions.

Quelques films à ne pas manquer

Parmi la quinzaine de films présentés, quelques uns sont rares et ne doivent pas être manqués ! Tout d’abord, le documentaire Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh, présenté au dernier festival de Cannes revient sur les évènements révolutionnaires en Tunisie. Cette plongée au cœur de la révolution du Jasmin est encore tout fraîche. Puis, l’empêcheur de tourner en rond, Pierre Carles viendra présenter son dernier film Gruissan à la voile et à la rame. Avec son compère Philippe Lespinasse, ils sont partis à la rencontre d’une humanité en marge vivant le long de ce littoral.

Il y aura aussi Indices de Vincent Glenn. Ce documentaire courageux car le sujet n’était pas facile, réussit avec brio à démonter le système économique qui fait que le PIB est toujours l’indicateur de richesse le plus cité. Enfin, Gasland de Josh Fox parcourt les territoires américains où l’exploitation du gaz de schistes à fait des ravages. Si les sujets évoqués ne sont pas toujours très gais, La Source des femmes de Radu Mihaileanu est un bon remède. Dans un village d’Afrique du Nord, les femmes décident de faire la grève du sexe tant que les hommes n’iront pas chercher l’eau à la source. Le réalisateur du Concert, réalise un conte drôle et touchant, plein de vie, et sans concession.

La Bataille de l’eau

In n°2296, Politique, Social on 6 octobre 2011 at 17:34

Deux délibérations « phares » et qui portent sur une longue période (20ans) ont marqué le dernier conseil municipal de Grasse.  La première concernait le choix de mode de gestion de l’eau potable, « affermé à la société Lyonnaise des Eaux » depuis janvier 1988 pour une durée de 25 ans, la seconde sur laquelle nous reviendrons de notre prochaine édition avait pour objet de déléguer sous forme de concession le canal du Foulon qui alimente les ¾ des foyers grassois et huit autres communes (dont Valbonne, et Mouans-Sartoux)

Pour le Maire UMP de Grasse, J.P. Leleux, seul à intervenir sur ce dossier « lourd » avec une de ses adjointes, la cause était entendue. Un bureau d’études, « IRH Ingénieur Conseil » sollicité par la municipalité a produit sans surprise un rapport qui concluait à la nécessité de continuer à gérer l’eau de la ville par une délégation au privé.

Ce bureau d’études auquel la mairie a fait appel dans le cadre d’une procédure Marché à Procédure Adapté (MAPA) a été choisi par le maire, sans que ne soient connes les critères de choix et la qualité en matière d’expertise, hors consultation de la Commission d’Appels d’Offres a souligné Paul Euzière.

Aussi le leader de Grasse à Tous dans une intervention fouillée a démontré, exemples à l’appui, que contrairement à ce qu’affirme J.P. Leleux, le choix le plus intéressant pour les Grassois est le retour à une régie municipale, situation qui a prévalue à la satisfaction générale jusqu’en 1988.

Rappelant la spécificité de la situation française dans le monde, Paul Euzière a tout d’abord souligné que « Si en France, un cartel de grandes compagnies s’est accaparé : Véolia pour 39%, La Lyonnaise-Suez pour 19% et le SAUR pour 11%, 70% du marché de l’eau, cette situation d’oligopole constitue une exception dans le monde puisque 7 à 8% seulement des marchés de l’eau sont confiés à des opérateurs privés. (…)La ligne de ces opérateurs financiers est simple : socialisation des pertes, privatisation des profits. »

Réquisitoire. Plus de 50 villes dont Paris, Bordeaux, Grenoble, des villes aussi bien dirigées par des municipalités de Gauche que de Droite ont « remunicipalisé » la gestion de l’Eau depuis 10 ans, à la suite de longues batailles contre les grandes sociétés privées.

Pour le Président de Grasse à Tous, « Il ne s’agit donc pas de présupposés idéologiques ; mais d’intérêt public. Et c’est à cette seule mesure qu’il s’agit de se prononcer. L’eau n’est ni de Droite, ni de Gauche, elle est patrimoine public et d’intérêt public. Sa gestion doit être défendue dans le seul intérêt public » A partir de là, Paul Euzière s’est livré à un réquisitoire contre la gestion privée qui n’a rien laissé dans l’ombre.

Dans le département, Grasse est parmi les grandes villes, « celle qui détient le record au palmarès de l’eau la plus chère ». Détaillant la facture d’eau des Grassois, Paul Euzière a dénoncé « la hausse vertigineuse » entre 1988 er 2010, de la « part fixe » (le compteur) multiplié par 9 pour les plus petits diamètres, par 22 pour les plus gros en 22 ans.

Quant à l’eau elle-même au m: « Le contrat d’affermage indiquait les prix suivants pour une facture ˝de base˝ de 120 m3, en 1988 : 1,83 F (HT),  en 2010 (rapport annuel de DSP 2009), pour une facture de 120 m3, l’eau était facturée aux Grassois : 1,84 € (HT) soit 12,14 F. Depuis 1988, le prix du m3 d’eau a donc été augmenté de 663% par la Lyonnaise. Qu’est-ce qui justifie une telle augmentation alors que Grasse détient la concession de la source du Foulon, que cette eau est gratuite, ne subit aucun traitement et que le canal du Foulon qui l’achemine est dans un état catastrophique ? » a questionné Paul Euzière.

Considérant que le Conseil « ne disposait pas des données indispensables au meilleur choix de gestion du service de l’eau » le groupe Grasse à Tous a demandé le retrait  « cette délibération basée sur une expertise incomplète et insuffisante », la  relance de «  la procédure de choix d’un cabinet d’expertises répondant aux normes de qualité NF X 50-110 et ISO 9001 », un audit de toute la gestion des eaux en DSP par la Lyonnaise depuis le 1er janvier 1988. Ils ont aussi réclamé que la Ville de Grasse s’appuie sur l’Espace Public Régional de l’Eau, structure créée par le Conseil Régional PACA dans le but précisément d’apporter une aide technique aux collectivités locales.

Nous reviendrons sur ce débat où sont également intervenus pour l’opposition M. Monzeglio (Grasse à Tous), B. Estampe et J. Faguer (Grasse à Vous)

 

T.G.

 

G20 : Le peuple avant la finance

In Cette semaine dans Le Patriote, Economie, n°2295, Politique on 30 septembre 2011 at 08:47

Le sommet du G20 se tiendra à Cannes début novembre. En réponse, un collectif organise un contre G20 à Nice, du 1er au 4 novembre. L’objectif du collectif est de proposer des solutions alternatives à celles du G20 pour sortir le monde de la crise.

« Ce contre sommet sera un moment fort de mobilisation altermondialiste pour montrer d’autres voies pour sortir de la crise. » Cette phrase, signée de l’un des membres du collectif, résume parfaitement l’esprit qui animera ce grand rassemblement. Faisant suite à une année de mobilisation, des associations, des syndicats ainsi que des soutiens de partis politiques, aussi nationaux que locaux, prendront part à cet événement. Près de 10 000 personnes sont attendues par les organisateurs. Afin de recevoir tout ce monde, aussi bien lors des réunions que dans le cadre des hébergements, des demandes ont été adressées aux autorités locales pour obtenir des gymnases. Pour le moment, seule la préfecture a désiré répondre au collectif, alors que la mairie de Nice reste muette. Des réunions doivent encore avoir lieu avec la préfecture quant à l’obtention de l’occupation de la salle Leryt notamment. Un service de sécurité a également été prévu afin d’encadrer les manifestants. Mais pas seulement, comme le confie un des porte-paroles du collectif. « Nous voulons également assurer leur protection face aux forces de l’ordre, car nous voulons éviter tout dérapage possible. C’est dans notre intérêt que tout se passe bien, mais aussi dans le leur ». Voulant se placer dans la dynamique des contres sommets, comme celui du G8 du Havre, le collectif déplore le manque de liberté d’expression qu’ils subissent. Une situation qu’ils espèrent pouvoir améliorer. Outre l’organisation complexe face à laquelle ils ont à faire, une partie du programme de la manifestation a été dévoilée.

Quatre journées bien remplies. Dès le 1er novembre, une manifestation internationale est prévue. Il s’agira d’une longue marche, dont le départ se situe sur la place Garibaldi, à Nice Est. Le point d’arrivée est le stade de l’Oli. La marche passera notamment par la gare Riquier, le boulevard Saint-Roch et le quartier Bon Voyage. Un concert est prévu le soir au stade l’Oli, avec des groupes locaux et nationaux. Le mercredi 2 novembre sera dédié au forum des peuples. Une journée au cours de laquelle des actions et des ateliers-débats seront proposés par les différentes organisations membres du collectif. Un meeting sur les propositions et alternatives se tiendra en soirée. Le 3 novembre sera marqué par une manifestation aux portes de Monaco, afin de protester contre les paradis fiscaux. Les détails de l’opération ne sont pas encore connus pour le moment. Un « banquet des alternatives » devrait se tenir le soir, avec 2 à 3 000 personnes. La dernière journée sera marquée par une action finale à Nice, ainsi qu’une conférence de presse dans un hôtel cannois, dont le nom n’est pas encore connu.  Le programme précis de cette journée n’est lui aussi pas encore défini. Le Patriote y reviendra bien évidemment.

 

R.C.

Le livre pour ralentir le monde ?

In Cette semaine dans Le Patriote, Culture, n°2295, Politique on 30 septembre 2011 at 08:46

« Où allons-nous si vite ? »Le thème du festival du livre 2011 de Mouans Sartoux s’interroge sur cette vitesse exponentielle que force notre société. Philosophes, essayistes, romanciers, bloggeuses, viendront échanger et débattre autour de cette réflexion marquée par les révolutions du printemps arabe.

Sinon, parmi les invités de l’année, on retrouve Fred Vargas, Lyonel Trouillot, Stephane Hessel, Raphael Enthoven, Hervé Kempf, Gus Massiah, Nicole Aubert… Un savant mélange entre le grand public et le plus pointu. Avant de détailler la programmation dans le prochain Patriote, Marie-Louise Gourdon, commissaire du Festival nous présente cette édition 2011.

 

De quel constat est parti ce thème ?

Nous vivons dans un monde d’accélération. Nous ressentons fortement cette frénésie dans la vie et dans l’activité familiale et professionnelle. Les outils technologiques nous embarquent dans cette vitesse. Ils nous font gagner du temps – et on les apprécie pour cela (mail, téléphone…)  mais dans un même temps, ils sont terriblement chronophages. Tout cela demande de communiquer beaucoup plus vite et donne l’impression d’être toujours en retard. Ainsi nous sommes toujours dans l’instant d’après. Alors est-ce que l’on gagne du temps ? Notre thème c’est une boîte pleine de questions qui toucheront les énergies propres toujours pas vraiment lancées contrairement au gaz de schiste qui va très vite, la pauvreté galopante, la question des femmes…

C’est pour cela que nous mettrons en avant des mouvements comme Slow food ou « Ville lente » qui vont en contrepoint de cette vitesse et exigent une prise de conscience.

Quand vous avez décidé du thème, rien ne s’était encore passé dans les pays arabes ?

Non, le thème a été décidé en décembre et en janvier les évènements ont commencé en Tunisie. Personne n’avait imaginé cela.

L’histoire se déroulait presque en direct sous nos yeux avec internet et twitter, que ce soit pour les évènements en Tunisie, Egypte, Lybie ou encore au Japon. Nous étions tout de suite au courant et on aurait aimé que cela aille toujours plus vite. J’ai eu le profond sentiment que la planète accélérait l’histoire.

Nous pouvions suivre tous ces évènements en simultané, et c’est là que naît ce sentiment d’accélération parce que des outils nous le font mesurer.

Qu’est ce que cela a modifié pour le festival ?

Justement nous nous sommes interrogés sur le printemps arabe et le rôle joué par les réseaux sociaux dans cette fulgurance/rapidité. Nous avons donc invité Lina Ben Mhenni, bloggeuse tunisienne durant les évènements qui va discuter avec d’autres invités autour de « Blog, twitter, facebook : les réseaux de la révolution ? ». Il y aura aussi un autre échange très important, entre elle et Stephane Hessel sur « L’engagement : des réseaux de résistance aux réseaux sociaux ». Et on n’évitera pas non plus d’avoir un regard critique car ces réseaux sociaux peuvent être pervertis par le pouvoir.

Peut-on dire que ce festival est un festival engagé ?

C’est un festival un peu total avec des débats, des rencontres, des films, de la musique… Et le livre comme le centre de tout : l’écrit.

Evidemment, nous posons des questions sur la société, le monde, etc… avec une pluralité des points de vue. Le fait même de se les poser est politique.

On devine quand même une sensibilité à gauche ?

Oui, mais il n’y a pas que des gens de sensibilité de gauche qui viennent au festival, à la fois comme invités et comme visiteurs. Nous tenons à cette pluralité d’invités. Nous voulons des personnes qui donnent un vrai sens à leur engagement et avec qui il est intéressant de discuter. Et le public qui vient est très varié. Nous désirons par ce festival faire avancer les choses dans les réflexions des spectateurs et des visiteurs.

 

Entretien réalisé par Julien Camy

Un train grande vitesse qui prend son temps

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2294, Politique on 23 septembre 2011 at 10:56

Les responsables du projet LGV Paca ont répondu aux questions des curieux jeudi 15 septembre à l’Acropolis de Nice. C’était l’occasion de faire le point sur l’avancement de la ligne à grande vitesse. Mais un constat s’impose: le dossier piétine et plusieurs questions restent sans réponses.

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Cette phrase de Socrate aurait très bien pu être extraite du débat public qui a eu lieu jeudi 15 septembre à l’Acropolis de Nice. En effet, face aux différentes craintes du public, les dirigeants en charge du projet se sont montrés fort évasifs voir muets. À la question de l’association TGV PACA sur une possible gare souterraine à Nice, Fabien Pastour, chargé de projet territorial dans le 06, répond: « Je suis incapable de vous dire ». Il a fallu six ans pour se mettre d’accord sur la ligne Nord ou Sud, puis sur les quatre scénarios possibles, et maintenant encore quatre ans de concertation sont lancées. En tout, le projet ne devrait pas voir le jour avant 2023 pour être totalement achevé en 2040. Les personnes âgées rigolent dans la salle, ils ne seront plus là pour voir cette fameuse ligne. Emmanuelle Gaziello, Conseillère municipale est révoltée: « Toutes ces années perdues pour se rendre compte que rien n’est vraiment décidé, il a fallu beaucoup moins de temps pour décider de l’Éco Vallée. On se demande qui pilote la machine! ».

Une perte de temps qui aurait pu faire économiser 4 à 5 milliards d’euros selon Jean Icart, Conseiller général subdélégué aux transports. Un particulier ironise : « Quand tout soit achevé, je serais mort et les plus jeunes présents ici seront grand-pères ou grand-mères ».

Un débat à sens unique. Devant le bouillonnement ambiant, les deux responsables de réseau ferré de France, tentent de rassurer: « Ne vous inquiétez pas, on a mis du temps mais maintenant on a de réelles possibilités de décisions ». Peine perdue, ils ne parviennent pas à convaincre, à chaque réponse c’est cinq nouvelles questions qui surgissent, comme si la réponse apportait finalement plus d’interrogations. Dans un certains domaines, ils évitent même la question. Tel est le cas lorsqu’un particulier évoque le nombre d’expropriations prévues, puis un autre, et encore un autre. En tout, trois personnes inquiètent sur ce sujet se font littéralement ignorées par les responsables présents. De même que le coût du projet, qui devrait être en partie financé sur le dos du contribuable via le Conseil régional et le Conseil général, aucune réponse. Une troisième voie? C’est alors tout le centre-ville de Nice qui serait modifié pour permettre ce tracé. Devant le scepticisme, Jean-Michel Cherrier, chef de mission LGV PACA, cherche à démontrer les avantages du projet: « Cette ligne vous en avez besoin, elle apporterait 30% de trafic en plus ce qui n’est pas négligeable ». Une réponse qui fait sourire. Emmanuelle Gaziello rétorque: « 30% de trafic en plus c’est le rejet de CO² qui augmente, c’est curieux que ça interpelle pas l’État sur l’incohérence au niveau de la norme climat/énergie. ». L’association des citoyens s’inquiète, elle, de ces nouveaux trains qui passeraient dans Nice, notamment les trains de marchandises qui risqueraient d’augmenter les nuisances sonores. Quid également de la nouvelle gare « Ouest 06 », qui devrait se situer entre Grasse et Cannes et dont l’existence n’est remise en cause dans aucun scénario.

Mais à chaque fois le public s’entend dire « rien n’est encore fait, participez aux groupes de travail thématiques si vous voulez contribuer ». En somme un débat à sens unique qui consterne le public. Emmanuelle Gaziello n’en pense pas moins: « La conférence était biaisée car leurs réponses étaient très vagues, c’était une perte de temps ».

Allan Blanvillain