La rédaction du Patriote

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Nouvelle carte de l’intercommunalité : Circulez, y a rien à voir !

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2306, Politique on 16 décembre 2011 at 10:09

Les grilles du Palais Sarde à Nice sont restées fermées à des manifestants motivés par des revendications légitimes, tandis que sous les ors du bâtiment se jouait l’avenir du découpage administratif du département des Alpes-Maritimes.

 

La Commission départementale de la coopération intercommunale se réunissait une ultime fois en 2011, avant que le nouveau découpage du département ne soit effectivement adopté par 34 voix pour, 11 contre (Francis Tujague, Noël Albin, Gérard De Zordo, Emile Tornatore, André Aschieri, Marie-Louise Gourdon, Patrick Allemand, Marc Daunis, Maxime Coullet, Michèle Tabarot, Henri Leroy), et une abstention (le maire de Cannes Bernard Brochand). Quatre heures de prises de paroles auront suffi à ceux qui le soutenaient pour entériner le schéma proposé par le préfet. A savoir, des Alpes-Maritimes divisés en six différentes intercommunalités : Communauté d’agglomération de la Riviera française étendue à toute la vallée de la Roya, la Communauté de communes du Pays des paillons, la Métropole niçoise (séparant littéralement le territoire en deux parties distinctes), la Communauté d’agglomération de Sophia-Antipolis étendue, les Communautés de communes Cians Var Vallée d’Azur fusionnées, et la Communauté Scot de l’ouest (regroupant notamment des communes isolées : Cannes, Mandelieu, Le Cannet, Théoule).

En force. Le problème, c’est que cela s’apparente à un passage en force. Le vote de vendredi ne reflète pas la position de la plupart des communes. Sur les 163 qui composent le département, 112 d’entre elles ont voté contre en Conseil municipal. 35 syndicats sur 38 ont rejeté le schéma du préfet, et 11 intercommunalités sur 14. Il faut aussi évoquer les référendums organisés à Mouans-Sartoux où dans la vallée de la Roya, et dont le résultat négatif, on s’en rappelle, était sans appel.

Quelle représentation avait donc cette Commission pour que le vote entérine d’une manière aussi nette un projet vraisemblablement rejeté par la population quand celle-ci a pu s’exprimer ? Dehors, sur la place Pierre Gautier, quelques dizaines de manifestants voulaient pouvoir exprimer leurs revendications. Ils n’ont pas pu entrer. « Cette manifestation n’a pas été déclarée, se défendait le préfet Jean-Michel Drevet. Il y a parmi les personnes présentes, continuait-il sans sourciller, des gens qui ont semé la perturbation lors de précédentes réunions, j’ai donc demandé à la police de ne pas les laisser entrer. » Pourtant, la séance était publique. « Oui, il y a du public. » Effectivement. Trié sur le volet. Enième exemple de la tendance actuelle en ce qui concerne des réunions importantes : elles ont lieu en vase clos.

Démocratie galvaudée. Devant les grilles, les manifestants réclamaient une concertation et une reconnaissance de la population. Craignant par dessus tout la réelle perte d’indépendance des communes.

A l’intérieur, le maire de Contes et Conseiller général Francis Tujague proposait un amendement. « Je demande la modification du schéma pour permettre la création d’une communauté de commune de la Roya composée des communes de Tende, La Brigue, Saorge, Fontant et Breil s/ Roya. » Refusé. La Communauté de la Riviera française englobera tout le périmètre.

D’autres, à l’instar du maire de Mouans-Sartoux André Aschieri, penchaient pour un moratoire. Balayé d’un revers de main. L’amendement n’a même pas été soumis à la commission.

En résumé et pour faire très court : la population ne décide pas de son avenir. Ni même les élus d’ailleurs. Seuls quelques privilégiés ont dessiné entre eux la nouvelle carte des Alpes-Maritimes.

RF

 

Médecins du monde interpelle la politique

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2306 on 16 décembre 2011 at 10:08

A l’occasion de l’exposition Exil, Exit ? à Nice au Museaav, l’ONG Médecin du monde organisait un débat sur la situation des migrants.

Pendant un mois, Médecins du monde s’est installé au Museaav place Garibaldi et propose une superbe exposition de photos d’Olivier Jobard au sous-sol sur les migrants à travers l’Europe au travers d’une scénographie originale alternant photographies sur pied et salle obscure où les photos sont éclairées à la lampe torche*.

Samedi dernier était organisé un débat où Médecins du monde voulait interpeller le monde politique sur la situation des migrants en France. A la tribune, on retrouvait le Dr Olivier Bernard, président de Médecins du Monde, le Dr Bernard Granjon, ancien président de MdM, responsable de la mission Turquie et Patrick Allemand, vice-président du conseil régional PACA, premier secrétaire de la fédération 06 du PS. Malheureusement (et sans surprise) tous les élus UMP s’étaient défilés ou désistés. Alors qu’ils n’hésitent à empoigner cette question pour ramener à eux les voix extrémistes de droite, ils se débinent quand il faut évoquer en public ce problème.

Soins psychologiques. Le modérateur, Julien Gaertner, docteur en Histoire et enseignant chercheur à l’unité de recherche  » Migrations et Société » de l’université de Nice l’introduisit par un bref historique sur l’immigration en France et son impact politique apparu après 1968. Patrick Allemand pointa inévitablement du doigt l’absence d’élus UMP « On peut voir que le débat vit à gauche mais pas à droite » et fit la différence entre migrants et immigration. Sur ce point, Bernard Granjon voulut resituer à l’échelle internationale ces migrations : « La plupart des migrants migrent de pays pauvres à pauvres. Seuls 30% des migrants vont dans les pays riches » Il ne faudrait donc pas voir ce problème par le petit bout égoïste de la lorgnette occidentale pour bien le saisir. La Turquie ou la Tunisie accueillent beaucoup plus de migrants que la France.

L’action de MdM est donc importante dans tous les pays qui sont autant d’étapes de ces migrations. « Nous travaillons avec une population précaire que ce soit au Rwanda ou en Europe. Mais quand c’est près de chez nous, cela questionne plus. Nous avons 22 centres en France comme à Nice ou Marseille, où nous soignons une population très fragile qui a besoin de soins chroniques et durables » expliqua Olivier Bernard. La première maladie des migrants est avant tout d’ordre psychologique précisa Bernard Granjon « ce qui créé de la violence et pénalise la société. » D’autant que la situation semble empirer. En effet, petit à petit, l’actuel gouvernement grignote l’avancée sociale importante de 1998/2000 et l’accès aux soins pour tous.

Politiquement lisse. Ainsi devant une cinquantaine de personnes s’est tenu un échange intéressant quoique par moment un petit peu trop politiquement correct. Il faut attendre quelques interventions et la dernière prise de parole pour entendre un discours remettant en cause le système économique actuel qui exploite les richesses des pays pauvres. Car Patrick Allemand s’est peu aventuré sur cette question expliquant qu’il ne fallait pas répartir la richesse mais : « aider les pays à se nourrir par eux-mêmes. » Ainsi il ne remet pas en cause le système économique qui maintient ces pays sous une forme de colonisation économique les privant de leurs richesses. Car le nerf de la guerre est quand même là. Terminons sur la belle phrase de Bernard Granjon « Quand on touche aux migrants, on touche à nous même. » A méditer et une exposition à visiter jusqu’au 23 décembre.

Julien Camy

Triste anniversaire

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2306, Social on 16 décembre 2011 at 10:06

Un bruit sourd, la porte défoncée, des policiers qui investissent les couloirs de l’immeuble, des familles déboussolées dont 40 enfants qui se réveillent dans cette ambiance de confusion… Ils étaient 115 et ont été expulsés en plein hiver à six heures du matin… C’était le 8 décembre de l’année dernière dans le centre ville de Nice.

 

C’est justement ce triste anniversaire qu’ils sont venus commémorer à leur manière. Un an plus tard, plusieurs membres d’associations et citoyens révoltés se rappellent encore les faits. 115 demandeurs d’asile dont 40 enfants s’étaient installés dans un immeuble vide de l’avenue Georges Clémenceau en novembre de l’an dernier. Avec le soutien de plusieurs associations qui dénonçaient le manque de logements et d’assistance, ils ont pu trouver un toit convenable en attendant une solution de la part des services sociaux.

La joie a été de courte durée. En effet, le CHU de Nice, propriétaire des lieux, a porté plainte et obtenu l’expulsion de ces familles dans un temps record,  alors que les locaux étaient abandonnés depuis plus de cinq ans.

La préfecture, entre temps, avait été condamnée par le tribunal administratif de Nice avec une amende et des astreintes pouvant atteindre les 1000 euros par jours et par personne tant que ces familles n’étaient pas relogées ou hébergées. Cela n’a pas arrêté le préfet qui a ordonné l’intervention des forces de l’ordre afin de mettre les familles à la rue. Aucune proposition ne leur a jamais été faite.

« Un an plus tard, l’immeuble est toujours vide », remarque Michel Abada, membre du collectif qui a suivi les familles pendant et après l’occupation de ce que les associations ont dénommé « la maison grise ». Il dénonce les pressions exercées sur ces familles. « Il y a notamment une femme seule avec ses deux enfants qui a dû repartir dans son pays d’origine. Les services de police voulaient qu’elle laisse les deux enfants et reparte seule », explique-t-il.

Tous ont été logés pendant quelques mois, suite à l’expulsion et grâce à l’argent récolté. La vie a repris son cours. Beaucoup de femmes sont rentrées chez elles avec les enfants. « Les maris risquent leur vie s’ils rentrent, donc ils sont restés en France mais ont changé de région. Ici on fait tout pour dissuader les demandeurs d’asile de rester », ajoute Michel Abada.

Parmi les personnes présentes, Samuel, jeune étudiant à Nice, n’était pas là au moment des faits. « Je suis touché par ce genre d’événement », dit-il. Plus loin Noémya, était de permanence le jour de l’expulsion : « C’est révoltant ! On a mis toutes ces personnes dehors en plein hiver alors qu’on constate que l’immeuble est toujours vide. Ils avaient dit à l’époque que le bâtiment serait rapidement réaménagé ».

Un reportage réalisé le jour de l’expulsion a permis de rappeler ces moments dramatiques. Un spectacle honteux, malheureusement pas isolé. Des pleurs, de la colère… deux femmes ont pris à partie le représentant du préfet, en vain. « Ils auraient pu éviter de faire tout ça de cette manière si violente », commente un militant.

Les images qui tournent montrent les enfants sur le trottoir, des mères l’air très digne mais au fond désespérées… de l’autre côté, dépourvus de toute humanité, les services de la préfecture, la représentante du CHU, les forces de l’ordre.

Lidice BUSOT

 

 

Un autre festival possible

In Cette semaine dans Le Patriote, Culture, n°2300 on 4 novembre 2011 at 11:45

« Tel un diable hautain planqué entre le sommet du G20 de Cannes et le [Festival] Manca* niçois annuel, le Festival Manké – dixième édition ! –  offre en 2011 une riche mixture (dé)mondialisée, qui met en lumière encore et toujours la marge et les avant-gardes. » Voilà comment les trois fondateurs présentent cette édition. Car le festival Manké, c’est trois artistes-performeurs : Marcel Bataillard, Frédérik Brandi et Kristof Everart. Une réunion d’esprits « insupportables ». C’est ainsi que les a défini Ben Vautier.

Les Insupportables présentent en 2011, la dixième édition de leur festival Manké. Evidemment, toujours à la même période, celle du festival des Manca. N’y voyait pas là une coïncidence fortuite et si vous leur demandez s’il y a un lien, ils vous répondront la formule classique : « toutes ressemblance avec un festival existant… » etc. Insupportables, on vous a dit. Cependant, depuis 10 ans ils proposent des créations et performances artistiques piquantes, déroutantes, originales, impolies, incorrectes…« Indifféremment qualifiés par les braves gens de staliniens de droite, nazis de gauche, crapules pro-Serbes, Corses dégénérés ou snobs incohérents, les trois insupportables, proclamant avec Oscar Wilde que « l’art médiocre est toujours le fruit de bonnes intentions », tentent depuis quelques années de revitaliser la fonction sociale volcanique du happening, en réalisant des interventions musicales, picturales et littéraires qui ne fréquentent le bon goût qu’avec la plus extrême modération. » peut-on lire sur leur site. Tout cela est donc hors des circuits traditionnels et se veut libre de ton, de sujets, de formes. La libre création s’exprime sans aucun filet « hors des frontières de l’UE, de l’OMC et de l’ONU. »

G20Q. Pour cette nouvelle édition (10, 12 et 19 novembre), il y aura des performances (le 10), des performances+ciné-concerts+performances (le 12) et des concerts (le 19). Les trois zigotos insupportables parfois appelés les Guignols Band ou Power Trio en seront bien évidemment avec à côté d’eux : Guignol’s Band, Fabien de Chavanes, Vladimir Poutine&Guest, René Clair, Erik Satie, Provoko Al Fracaso…

Les Insupportables ouvriront le festival avec une performance intitulée « La… Culture. ». Les titres des autres performances et concerts restent énigmatiques mais notre attention altermondialiste se portera sur le « G20Q ? », le « Welcome » (12/11) ou le « New Global Disorder » (19/11), et notre sens du jeu de mot aime bien le « Petit bal perdu » (12/11).

Cela peut paraître n’importe quoi, mais ça ne l’est pas du tout. Bien au contraire, ce festival de musique contemporaine et d’happenings titillent et dérangent les méninges comme il le faut. Il fait rire et c’est rare dans le milieu de l’art et de la musique contemporaine (ou moderne) plutôt coincé.

R.C.

 

*Voir Patriote de la semaine dernière

Plus d’infos sur : http://lesinsupportables.com/

Anti-G20 à Nice: défilé… de témoignages

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2300, Politique, Social, Uncategorized on 4 novembre 2011 at 11:42

Denis Robert, journaliste, écrivain, et célèbre pour sa lutte contre les paradis fiscaux. « Je n’ai pas été manifester dans l’après-midi car je ne me sens pas altermondialiste. Mais on a beaucoup insisté pour que je vienne ce soir, dans le cadre de cette soirée festive. Le lendemain, j’interviendrai dans un lycée et je suis particulièrement content d’être là. C’est aussi grâce à ces personnes que j’ai pu me sortir financièrement des énormes coûts engendrés par les multiples procès. Plus de 4 000 personnes ont donné à mon comité de soutien. Vous savez, mon combat contre Clearstream a été long et très éprouvant, mais je n’ai jamais été déprimé. Au final, ce qui me réconforte, c’est qu’ils ont tout perdu, et que récemment, la Cour de Cassation m’a donné raison. Du coup, j’ai espoir dans la suite puisque je pars du principe qu’on ne peut pas me donner raison sur le plan judiciaire et laisser prospérer ce système que je dénonce : celui des chambres de compensation. En fait, je considère qu’il n’est pas très compliqué de contrôler, voire juguler cette crise financière : il faut parler des back-offices des banques. Imaginez une somme comme celle qui émerge des comptes de Clearstream, celle qu’elle a annoncée en début d’année comme étant les valeurs conservées dans ses comptes : 11,4 trillions d’euros.

Oui les politiques peuvent reprendre la main avec un minimum de volonté ! »

Franco, ex-sénateur italien (Rifondazione Comunista). « En Italie, nous avons eu une fracture sociale avec beaucoup de décrets à l’encontre des intérêts des salariés, nous avons eu une coupure brutale du budget social. On prévoit de rehausser l’âge légal de départ à la retraite dans quelques années à 67 ans, nous avons eu un plan de privatisation énorme… Nous pouvons nous retrouver dans une situation plus difficile que la Grèce.  Il y a beaucoup de collectivités territoriales qui ont investi dans les produits dérivés à risque. Tôt ou tard elles finiront par éclater et personne ne sait ce que se produira alors. Nous, l’Espagne, le Portugal, la France, nous sommes tous impliqués jusqu’au cou car il suffira d’un tout petit incident dans un remboursement de l’une de ces dettes pour provoquer une vraie catastrophe. Ils ne comprennent manifestement rien de ce qu’il se passe ces Messieurs G20.

Tout ceci n’est que la conséquence logique et implacable des choix politiciens. Celui par exemple de mentir en prétendant que ces dettes étaient soutenables à court, moyen et long terme. Celui, par exemple, de penser qu’acheter la paix sociale maintenant valait largement les sacrifices du futur ».

 

Marion, membre d’Oxfam. « Oui, nous sommes les Robins de bois modernes, car nous voulons prendre aux riches pour donner aux pauvres et ainsi rétablir l’égalité dans le monde. On voit bien que ça ne fonctionne pas aujourd’hui. Les politiques veulent faire combler le déficit public alors que ce sont qui l’ont créé. Nous demandons au gouvernement de mettre en place une taxe sur les transactions financières de 0.05%. Des centaines de milliards d’euros seraient ainsi récupérés pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique ».

Jay, de l’association KFCLU (Korean Federation of Clerical & Financial Labor Unions). « Nous venons de Corée du sud, là où notre mouvement est né lors du dernier sommet de ce type, en 2010. Oui à la taxe Tobin, il faut mettre les gens avant la finance. Un autre monde est possible, autant de slogans que l’on partage avec tous les altermondialistes. Nous savons que l’instauration d’une telle taxe financière sur les transactions ne suffira pas à réguler la finance globale, mais si le G20 prenait, ici à Nice, une telle décision, ce serait un signal fort et un moment critique pour l’économie globalisée. A Séoul, nous avons lancé le mouvement Occupy Yeouido qui marche bien. Mais la solidarité ne doit pas être que nationale, elle doit s’exporter à l’international ; c’est ce que nous pensons vraiment, et c’est la raison de notre présence à Nice. Nous chantons et continuerons à le faire que nous, les gens, et non le G20, sommes la vraie alternative. »

Gilles, paysan bourguignon. « En dix ans, la France a perdu un million de paysans. Le porc, par exemple, est acheté au producteur par les intermédiaires 1,30 euros le kilo, et il est revendu 10 euros en supermarché. Moi, grâce à la certification bio, je le vends 8 euros directement au consommateur. C’est vers ça qu’il faut tendre, et c’est vers l’exact opposé que les politiques actuelles nous mènent. Savez-vous que tout le saucisson vendu dans le commerce vient de truies de réforme. Des bêtes qui ne voient même pas le soleil. Pour les grands industriels, comme Justin Bridou pour ne pas le citer, le seul critère, c’est le prix. Et cela ne va pas en s’arrangeant, loin de là. En attendant, c’est notre santé qui en pâtit, forcément. »

Serena, militante de San Remo. « Nous sommes une centaine, et ça fait plaisir. Nous avons pu passer la frontière, mais cela a quand même été une épreuve. On s’est fait arrêter, bien évidemment, fouiller et cela nous a pris beaucoup de temps. Pourtant, nous sommes venus vraiment en bons enfants. Là c’est pareil, le cortège est pacifique, n’est-ce pas complètement démesuré comme surveillance policière ? Ils ont franchement peur ou quoi ? »

L’austérité façon 06

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2300, Politique on 4 novembre 2011 at 11:29

Réunion du Conseil général autour des orientations budgétaires du département pour 2012. Etait également voté le nouveau plan contre les inondations dans la plaine du Var.

Sans surprise, la priorité affichée du président du Conseil général pour l’an prochain, est la diminution de la dette. « Le département des Alpes-Maritimes prend aussi, à son échelle, ses responsabilités quant aux finances publiques. » Eric Ciotti revenait ainsi dans son introduction sur les économies déjà réalisées depuis 2008, qui sont, dit-il, de l’ordre de 113 millions d’euros. Haro dés lors, sur les dépenses de fonctionnement. « Nous faisons pression sur le fonctionnement, et nous continuerons. Depuis trois ans, ce poste budgétaire a été maintenu au même niveau : 960 millions d’euros. »

L’investissement est également en baisse comparé à ce qu’il fut ; le ratio passe à 280 euros par habitants, quand il était supérieur à 400 il y a quelques années en arrière, à la belle époque des droits de mutation florissants. Ceux-ci d’ailleurs repartent à la hausse amenant des recettes supplémentaires à hauteur de 20%. « Mais le fonds de péréquation récemment mis en place, nuançait le président, qui est une contribution des départements les plus riches à renflouer les caisses des plus mal lotis, nous demande une participation de 21 millions d’euros. »

Enfin, développait-il, l’objectif premier de cette année prochaine, est la baisse du recours à l’emprunt : c’est même, pour la première fois, d’emprunter moins que ce qua la collectivité rembourse.

Tous responsables ? « Vos orientations budgétaires, c’est l’austérité à la mode 06 ! » démarre Jacques Victor (photo) pour le groupe Communiste. Alors que, quelques instants avant, Eric Ciotti rappelait que le nombre d’agents avait fortement diminué (de 5 100 en 2008 à 4 777 en 2010, et 4 500 en 2012), l’élu du troisième canton de Nice estimait que « pour justifier ces mesures, l’accompagnement idéologique de culpabilisation de toutes les catégories de population, des collectivités territoriales, des grandes institutions, se résume derrière votre credo : la « réduction des déficits publics », comme si tous en étaient responsables au même titre. » Estimant aussi qu’il n’y a « rien à craindre d’une politique d’endettement dés lors qu’elle porte sur des investissements indispensables pour les années à venir, créateurs d’activité économique, d’emplois et de recettes par ailleurs », le locuteur du groupe Communiste détaillait longuement les raisons pour lesquelles il – le groupe – voterait contre.

« Mourir pour le triple A, grâce à la maîtrise des dépenses de fonctionnement, quelle belle ambition ! » s’exprimait l’éloquent Marc Concas pour le groupe Socialiste. Il relevait notamment que les crédits pour la forêt, pour les pôles d’excellence rurale, pour la résorption des points noirs routiers ou encore pour le « plan jeunes » ou l’aide à l’hébergement des personnes âgées n’ont pas beaucoup d’avenir dans le département.

Tous perdants ? Non, ce budget n’a pas eu les faveurs de l’opposition qui reconnaissait pourtant qu’il y avait un gagnant. « Celle qui n’aura qu’à se féliciter de cette situation, admettait Jacques Victor, c’est la Métropole imposée à marche forcée. On ignore à cet instant ce que sera l’exacte ampleur de notre contribution pour votre allégeance, mais on peut légitimement penser que le département va devenir le principal pourvoyeur de fonds de la Métropole afin de satisfaire à tous les caprices d’aménagement, tels que le Grand Stade et autres Coulée Verte, dont les très grosses entreprises vont pouvoir se repaître tandis que nos communes et nos populations seront sommées de passer à la caisse, alors même que la satisfaction de leurs besoins les plus essentiels continuera d’être ignorée. » Marc Concas demandait une session extraordinaire de l’assemblée avant la fin de l’année, pour qu’il puisse y avoir débat sur la question du schéma intercommunal proposé par le Préfet, et Marie-Louise Gourdon, élue de Mouans-Sartoux, rappelait que les élus de l’ouest du département (du SCOT de l’ouest) avaient très majoritairement voté contre ce schéma. « Vous ne nous écoutez pas, mais on saura se faire entendre », concluait-elle.

Tous payants. Vient aussi le rapport sur le Programme d’actions de prévention des inondations n°II du fleuve Var, le sympathiquement nommé Papi. Un montant global de 65 millions d’euros. « Nous avons déjà lourdement contribué au Papi n°I de ce fleuve dans le but affiché de protéger les populations mais au final plus pour préparer le terrain à l’Opération d’Intérêt National », lançait Marc Concas. « On ne voit pas beaucoup d’intervention de la part de Nice Côte d’Azur », ajoutait le grassois Jean-Raymond Vinciguerra. Une preuve déjà que Jacques Victor disait probablement vrai : le Conseil général deviendra-t-il le principal pourvoyeur de fonds de la Métropole ?

D’autres points étaient à l’ordre du jour tels que le schéma gérontologique (voir Patriote n°2299) départemental, rejeté par l’opposition.

R.F.

« Si le G20 était efficace, ça se saurait ! »

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2299 on 28 octobre 2011 at 09:51

Interview de Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’Homme, qui fera, à l’instar de beaucoup d’autres, le déplacement à Nice ce 1er novembre.

 

Le caractère particulier de ce G20 est qu’il se déroule dans une période de crise. Pour le reste, on sait qu’il ne changera rien à la situation, et qu’il n’y a pas grand-chose à en espérer ?

 

Disons que s’il y a une leçon à tirer, ne serait-ce que du récent G8, c’est que ces rendez-vous sont toujours l’occasion d’être prolixe en discours de réforme, et certains discours sont même carrément enflammés, mais il s’agit toujours au final, que de quelques mesures d’ordre cosmétique. Si le G20 était efficace, ça se saurait.

 

Comment comprenez-vous que les responsables ne réagissent pas plus vite, et continuent à ne faire que de la communication ?

 

La plupart des responsables sont acquis à une même idéologie, et ce qui les réunit ce n’est pas la volonté de rompre avec les politiques néolibérales. Tant que cela continuera comme ça avec les préceptes de ce genre de politique, on sera au mieux dans une posture de pompier. Sauf que l’incendie est tel qu’il faut maintenant, on le sait, reconstruire un système économique et financier sur d’autres bases.

Nous, en tant qu’association, ne sommes pas porteurs ou promoteurs d’une vision altermondialiste. Mais nous avons la préoccupation de faire que les droits fondamentaux ne perdent pas leur valeur. Et nous savons que lorsqu’il est question d’austérité, se sont ceux qui souffrent déjà le plus qui vont payer la note, notamment en termes de restrictions de droits et de libertés. Le chantage au paiement de la dette est un discours qui peut autoriser toutes les régressions démocratiques et sociales. C’est ce qui fonde notre participation au contre-G20.

 

Comment se porte la lutte pour la défense des droits de l’homme aujourd’hui ? D’aucuns pensent que tout le travail est à faire en dehors de nos frontières, alors qu’en France aussi, il y a du travail semble-t-il ?

 

Notre préoccupation est planétaire. Mais c’est vrai qu’il y a de quoi faire en France, et même au coin de la rue. L’arrêté anti-mendicité pris par la municipalité de Marseille – et que nous attaquons – est un parfait exemple d’une instrumentalisation des peurs. On est dans la gesticulation. Une gesticulation dangereuse, dans le sens où cet arrêté prévoit l’interdiction de présence pendant un an, ce qui est complètement démesuré, et qui constitue une escalade répressive. Cedi dit, nous avons très bon espoir de le faire annuler.

 

Est-ce à dire que les écarts se creusent avec ce que proclame la Déclaration universelle des droits de l’homme et les politiques menées actuellement ?

 

Il y a toujours eu un écart entre la Déclaration de 1948 et les réalités des politiques. Ce n’est pas un drame. La Déclaration parle du monde tel qu’il devrait être. Et il y a sans cesse une distorsion, c’est d’ailleurs pour ça qu’existe la LDH.

Ce qui est préoccupant, c’est l’explosion qualitative des inégalités. Jusqu’à maintenant, les gens savaient se situer sur une échelle d’inégalité. Comme pour les salaires. Elles étaient réelles mais supportables dans le sens notamment où les acteurs sociaux pouvaient progresser.

Aujourd’hui, les inégalités explosent sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit, et les gens ne se situent plus sur une gradation sociale. S’en suit un grand trouble et une perte de repères. Cela peut expliquer un déficit de citoyenneté : je pense à l’abstention.

L’autre phénomène, c’est que dans ce climat de perte de solidarité, surgissent des « entrepreneurs en identité », preneurs de parts de marché d’influence. D’où l’irruption des populismes en Europe (droite populaire, FN, courants religieux ou sectaires). L’affaiblissement de la citoyenneté ouvre le champ à un certain nombre de monstruosités. Et là, on est très, très loin de ce que stipule la Déclaration.

Propos recueillis par R.F.

Vieillir deviendrait-il un luxe ?

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2299 on 28 octobre 2011 at 09:49

« Bien vieillir » est un enjeu primordial de notre département et le nouveau schéma gérontologique 2012-2016 du conseil général ne va pas dans le bon sens pour l’élu communiste Noël Albin.

 

Les nouvelles orientations du schéma gérontologique ont été précisées et discutées lors de l’assemblée du Conseil Général. Quelle a été la teneur de votre intervention ?

Tout d’abord, ce nouveau schéma nous a été présenté sans que l’on soit associé à la moindre réflexion. Siégeant dans trois conseils d’administration d’établissements publics, ma contribution, aussi modeste soit-elle, aurait pu être utile pour exprimer les problèmes rencontrés par ces structures.

Ces orientations du schéma gérontologique 2012-2016 ne sont que des vœux pieux. Aucun moyen n’y est défini pour sa mise en œuvre. Tout cela est une affaire de communication. Rien ne répond aux besoins de maintien à domicile ou de prise en EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes). On aurait aussi aimé voir un rééquilibrage entre les places dans le secteur privé et public.

En 2010, vous alertiez sur le trop grand nombre de maisons de retraite dans le secteur privé dans le département (65% contre 15% au plan national). Comment cela a-t-il évolué ?

La disproportion est toujours aussi forte. Sur les 2200 lits promis dans le schéma gérontologique précédent, 1400 ont été réalisés. Cependant, les restrictions budgétaires de l’Agence Régionale de la Santé est un élément de blocage. L’ARS ne fait que répercuter les directives gouvernementales en matière de politique de santé. Et au nom de la réduction des dépenses de la sécurité sociale, le nombre de possibilités d’autorisation de lits diminuent. Dans le futur schéma, il n’y a d’ailleurs aucune création de lits dans les maisons de retraites publiques ou privées.

Pourtant le conseil général a annoncé dans ce schéma 2012-2016 de nouveaux lits ?

Mais, ce seront ceux prévus dans le précédent schéma. Pour résumé, en 2016, on devrait atteindre les objectifs de 2010 ! Et le privé continuera de détenir une place dominante.

Il y a quelques « mesurettes » annoncées qui vont dans le bon sens comme des nouveaux dispositifs permettant le maintien à domicile ou dans une famille d’accueil. Mais encore là, c’est une prise en charge à l’économie.

On assiste aussi à un très fort désengagement de l’Etat dans ce domaine ?

Les annonces ne sont que des annonces suivies d’aucune mesure. Toutes les récentes évaluations draconiennes, mesures restrictives,… s’inscrivent uniquement dans une logique purement comptable. Par exemple, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie est un transfert de l’Etat qui n’a jamais été compensé correctement. Les départements sont obligés de prendre des mesures pour éviter l’explosion des besoins. Dans les Alpes-Maritimes, cela se traduit par une diminution des allocations versées. Et à la fin ce sont toujours les humains qui trinquent.

Vieillir deviendrait un luxe ?

J’aurais tendance à aller dans ce sens. Aujourd’hui effectivement, c’est un luxe qui profite à des grands groupes qui jouissent de la situation pour pratiquer des tarifs de journée autour de 90 à 100euros. Cela a même conduit le conseil CG à passer de 20% à 30% le nombre de lits attribués à l’aide sociale dans ces établissements. Mais ces lits ne sont pour eux qu’une variable d’ajustement. D’ailleurs, les chiffres des personnes bénéficiant de l’aide sociale dans ces établissements aux tarifs prohibitifs n’apparaissent nulle part.

Quel serait le gros effort à faire maintenant ?

Ce schéma aurait été raisonnable si le problème de l’accueil en EHPAD avait été pris en compte. La sonnette d’alarme a été tirée par le personnel désemparé à qui on demande encore de faire des efforts. Ils savent que les budgets ne sont pas toujours extensibles mais à l’heure actuelle ils ne sont pas suffisants pour fonctionner et apporter l’aide nécessaire aux personnes accueillies. Cela génère un mal-être général.

La réévaluation de la prise en charge de la perte d’autonomie ne doit pas se faire suivant une logique comptable. Elle doit d’abord se faire avec l’humain.

Propos recueillis par Julien Camy

Grand stade : les communistes parlent aux supporters

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2299 on 28 octobre 2011 at 09:48

Dans un courrier adressé aux supporters de l’OGC Nice et notamment publié sur internet, trois élus communistes de Nice expliquent leur position quant au projet du maire.

 

Après avoir déposé une requête en annulation au tribunal administratif de Nice, Robert Injey, Emmanuelle Gaziello (Conseillers municipaux) et Jacques Victor (Conseiller général) expliquent avoir reçu autant d’avis de mécontentement et de ras-le-bol que de messages de soutien. Dans une lettre ouverte, ils détaillent s’adressent directement aux supporters et détaillent leur position : « Ce n’est pas de l’acharnement : quand vous êtes témoin d’un pillage, se taire c’est soit être complice, soit faire preuve d’une grande lâcheté. Dans le cas présent nous préférons continuer à pouvoir nous regarder dans une glace… » Ils appuient également sur le fonctionnement budgétaire retenu, le fameux partenariat public-privé. « Vinci est titulaire d’un bail à construction pour 99 ans -loyer un euro par an- en contrepartie de 25 millions d’euros HT payés à la ville, aujourd’hui. Au bout de l’opération le « gain » pour Vinci va se chiffrer en centaines de millions d’euros, le même manque à gagner pour la Ville de Nice. Il va sans dire que cet argent ainsi dilapidé, c’est de l’investissement et du fonctionnement en moins pour le sport en général et les petits clubs en particulier. Ils sont le maillage indispensable au développement du sport de haut niveau, aujourd’hui ils sont en grande difficulté. » Enfin, les élus donnent leur appréciation des choses concernant l’aménagement de la plaine du Var, dans le cadre de la future Eco-Vallée.

Réactions. « La vérité, c’est que le Gym n’est que le prétexte à une immense opération immobilière et commerciale sur la plaine du Var et sur l’emplacement du Ray, sur le dos des finances publiques. Ce stade de 35 000 places dont le projet dit lui-même que 15 à 20 000 seraient suffisantes, sera de toute évidence un entonnoir à bagnoles, la desserte en transports urbains étant très mal prévue.

La vérité c’est que le Gym n’est que le prétexte à urbaniser de manière anarchique avec des opérations hyper-rentables pour les entreprises privées, pendant que les besoins de la population sont laissés de côté. Quid d’un hôpital, quid d’une véritable ligne de RER desservant la zone d’emploi de Carros-Le Broc, quid d’un véritable éco-quartier sauvegardant les parcelles maraîchères vitales pour l’approvisionnement de la ville et l’emploi agricole bien maltraité par la délocalisation imposée du MIN ? »

Sur le site OCGN.net, plusieurs réactions ont été postées à l’article. « Dans chaque grande ville française, il y a des grands stades ! Nous payons toutes les infrastructures du pays et on ne s’en plaint pas, le tramway, il nous coûte, mais il le fallait ! » Une autre contribution renchérit : « On a marre, ce stade il faut le construire, sinon c’est la fin du foot a Nice ».

L’administrateur pour sa part rejoint d’emblée l’avis des élus : « On peut être supporter niçois désireux d’un grand stade et lucide sur ces questions qui engagent notre ville et notre porte-monnaie sur les 27 années qui viennent. » Appuyé dans son idée par un autre « post » : « Quoi qu’il arrive, le stade se fera et Vinci ne sera pas perdant. C’est prévu dans le contrat : au dessous d’une certaine affluence, la commune prendra en charge le différentiel du loyer à verser à la multinationale. Le club et Vinci ne seront pas trop impactés… Les Niçois assumeront l’essentiel. »

R.F.

Levens : Les Perdigones n’ont qu’à bien se tenir !

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2298 on 21 octobre 2011 at 10:02

L’association levensoise des Perdigones exprime son étonnement après le refus de la municipalité de lui octroyer une salle municipale pour l’accueil du festival AlimenTerre. Surtout qu’aucune raison n’est avancée.

« C’est une surprise », avance calmement Gérard Pla, vice-président de l’association. Il faut dire que l’an dernier, lors du premier accueil d’une journée de solidarité autour du festival AlimenTerre, ils l’avaient obtenue. « Ce qui nous étonne, malgré toutes les divergences qui nous opposent à la majorité municipale, c’est que ce festival, cette journée que l’on aurait pu organiser, est placée sous le thème de la solidarité. L’idée, c’est de développer une prise de conscience chez les gens et leur expliquer que les choses peuvent changer, à condition qu’ils y participent à leur échelle. Est-ce mauvais, par exemple, de montrer les conditions de l’exploitation des bananes aux Antilles ou en Afrique ? Le consommateur sait par la suite ce qu’il achète. C’est aussi cela le pouvoir de la société, qui ne se limite pas à mettre un bulletin dans l’urne tous les 5 ans. » Comment comprendre alors, ce refus, d’autant qu’aucune raison n’est précisée dans la réponse du premier magistrat ? L’engouement plutôt récent pour l’écologie et l’agriculture de proximité bouleverse-t-il les plans des décideurs politiques, plutôt habitués, surtout dans la région, à bétonner qu’à favoriser la sanctuarisation de terres arables ? Certes, c’est ce qui se produit généralement et l’on pourrait décliner cette réflexion à bien des endroits du département des Alpes-Maritimes. Même si le discours de surface tend systématiquement à plaider en faveur de l’écologie, conscients que sont les décideurs de cet engouement. « Nous ne sommes pas naïfs, répond Gérard Pla. Les zones agricoles de Levens sont des garrigues difficilement cultivables alors que les vrais espaces fertiles ne sont plus classés en zone agricole. Si on fait ça à l’échelle de la plaine du Var, ce sont des milliers d’hectares qui seront gagnés, mais sans qu’il y ait la moindre parcelle de terres agricoles. »

Ça, c’est pour le point de vue général. Dans un contexte plus local, l’opposition franche et nette du maire à la manifestation est peut-être plus à chercher du côté des antagonismes entre les deux parties. Un problème presque personnel. « C’est du répressif », estime ainsi Gérard Pla. « Sous prétexte de solidarité, ils militent contre notre politique », lance le maire.

Antagonismes. Depuis quelque temps, Les Perdigones luttent en effet contre ce projet de création de logements sur les terres de l’Orte, dont Le Patriote s’est déjà fait l’écho. Environ 5000 m² d’occupation de sols fertiles et classés dans l’ancien PLU comme l’un des endroits de terre arable. Un endroit gorgé d’eau, à cause de résurgences notamment, en cas de fortes pluies. Là où d’une friche actuelle, on pourrait faire des jardins partagés, des maraîchages et bien d’autres choses. Là où la majorité voit une quarantaine de logements. « Le 1er projet a été suspendu par l’Etat puis le constructeur a demandé à un hydro-géologue d’étudier les passages de l’eau. Cela fait un an que le rapport a été déposé en mairie, et nous n’avons aucune nouvelle. Pourquoi le maire ne communique pas les résultats de ce rapport ? » Faux, répond Antoine Véran, plutôt véhément sur le sujet. « Les conclusions ont été remises à Nice Côte d’Azur qui a le droit des sols, une étude complémentaire a été demandée et un nouveau permis de construire sera déposé prochainement. Il y aura dans ce projet un désir de mixité sociale avec des logements, des PLU et des PLAI. » A suivre…

Les responsables de l’association habitent la maison mitoyenne du terrain de l’Orte concerné par ce plan de construction, et c’est l’argument principal de la majorité pour contrer ceux avancés par Les Perdigones. « Oui, ils disent cela, s’exclame Gérard Pla. Mais cela ne nous gêne pas, car c’est justement parce que nous habitons là que l’on connaît bien le problème de l’eau. Et puis notre association compte 60 adhérents ; il n’y a pas 60 habitants ici ! Cela n’enlève rien au problème de fond. »

R.F.