La rédaction du Patriote

Anti-G20 à Nice: défilé… de témoignages

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2300, Politique, Social, Uncategorized on 4 novembre 2011 at 11:42

Denis Robert, journaliste, écrivain, et célèbre pour sa lutte contre les paradis fiscaux. « Je n’ai pas été manifester dans l’après-midi car je ne me sens pas altermondialiste. Mais on a beaucoup insisté pour que je vienne ce soir, dans le cadre de cette soirée festive. Le lendemain, j’interviendrai dans un lycée et je suis particulièrement content d’être là. C’est aussi grâce à ces personnes que j’ai pu me sortir financièrement des énormes coûts engendrés par les multiples procès. Plus de 4 000 personnes ont donné à mon comité de soutien. Vous savez, mon combat contre Clearstream a été long et très éprouvant, mais je n’ai jamais été déprimé. Au final, ce qui me réconforte, c’est qu’ils ont tout perdu, et que récemment, la Cour de Cassation m’a donné raison. Du coup, j’ai espoir dans la suite puisque je pars du principe qu’on ne peut pas me donner raison sur le plan judiciaire et laisser prospérer ce système que je dénonce : celui des chambres de compensation. En fait, je considère qu’il n’est pas très compliqué de contrôler, voire juguler cette crise financière : il faut parler des back-offices des banques. Imaginez une somme comme celle qui émerge des comptes de Clearstream, celle qu’elle a annoncée en début d’année comme étant les valeurs conservées dans ses comptes : 11,4 trillions d’euros.

Oui les politiques peuvent reprendre la main avec un minimum de volonté ! »

Franco, ex-sénateur italien (Rifondazione Comunista). « En Italie, nous avons eu une fracture sociale avec beaucoup de décrets à l’encontre des intérêts des salariés, nous avons eu une coupure brutale du budget social. On prévoit de rehausser l’âge légal de départ à la retraite dans quelques années à 67 ans, nous avons eu un plan de privatisation énorme… Nous pouvons nous retrouver dans une situation plus difficile que la Grèce.  Il y a beaucoup de collectivités territoriales qui ont investi dans les produits dérivés à risque. Tôt ou tard elles finiront par éclater et personne ne sait ce que se produira alors. Nous, l’Espagne, le Portugal, la France, nous sommes tous impliqués jusqu’au cou car il suffira d’un tout petit incident dans un remboursement de l’une de ces dettes pour provoquer une vraie catastrophe. Ils ne comprennent manifestement rien de ce qu’il se passe ces Messieurs G20.

Tout ceci n’est que la conséquence logique et implacable des choix politiciens. Celui par exemple de mentir en prétendant que ces dettes étaient soutenables à court, moyen et long terme. Celui, par exemple, de penser qu’acheter la paix sociale maintenant valait largement les sacrifices du futur ».

 

Marion, membre d’Oxfam. « Oui, nous sommes les Robins de bois modernes, car nous voulons prendre aux riches pour donner aux pauvres et ainsi rétablir l’égalité dans le monde. On voit bien que ça ne fonctionne pas aujourd’hui. Les politiques veulent faire combler le déficit public alors que ce sont qui l’ont créé. Nous demandons au gouvernement de mettre en place une taxe sur les transactions financières de 0.05%. Des centaines de milliards d’euros seraient ainsi récupérés pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique ».

Jay, de l’association KFCLU (Korean Federation of Clerical & Financial Labor Unions). « Nous venons de Corée du sud, là où notre mouvement est né lors du dernier sommet de ce type, en 2010. Oui à la taxe Tobin, il faut mettre les gens avant la finance. Un autre monde est possible, autant de slogans que l’on partage avec tous les altermondialistes. Nous savons que l’instauration d’une telle taxe financière sur les transactions ne suffira pas à réguler la finance globale, mais si le G20 prenait, ici à Nice, une telle décision, ce serait un signal fort et un moment critique pour l’économie globalisée. A Séoul, nous avons lancé le mouvement Occupy Yeouido qui marche bien. Mais la solidarité ne doit pas être que nationale, elle doit s’exporter à l’international ; c’est ce que nous pensons vraiment, et c’est la raison de notre présence à Nice. Nous chantons et continuerons à le faire que nous, les gens, et non le G20, sommes la vraie alternative. »

Gilles, paysan bourguignon. « En dix ans, la France a perdu un million de paysans. Le porc, par exemple, est acheté au producteur par les intermédiaires 1,30 euros le kilo, et il est revendu 10 euros en supermarché. Moi, grâce à la certification bio, je le vends 8 euros directement au consommateur. C’est vers ça qu’il faut tendre, et c’est vers l’exact opposé que les politiques actuelles nous mènent. Savez-vous que tout le saucisson vendu dans le commerce vient de truies de réforme. Des bêtes qui ne voient même pas le soleil. Pour les grands industriels, comme Justin Bridou pour ne pas le citer, le seul critère, c’est le prix. Et cela ne va pas en s’arrangeant, loin de là. En attendant, c’est notre santé qui en pâtit, forcément. »

Serena, militante de San Remo. « Nous sommes une centaine, et ça fait plaisir. Nous avons pu passer la frontière, mais cela a quand même été une épreuve. On s’est fait arrêter, bien évidemment, fouiller et cela nous a pris beaucoup de temps. Pourtant, nous sommes venus vraiment en bons enfants. Là c’est pareil, le cortège est pacifique, n’est-ce pas complètement démesuré comme surveillance policière ? Ils ont franchement peur ou quoi ? »

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