La rédaction du Patriote

Regroupement Lenval/L’Archet : Toujours pas de projet autre que la finance

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2298 on 21 octobre 2011 at 09:56

Le syndicat des patrons azuréens a fait une diatribe sur les organisations syndicales en plaidant pour les vertus de la privatisation de la pédiatrie la semaine dernière, tandis que la CGT appuyait sur la nécessité de, simplement, répondre aux besoins de la population.

Autour du sujet de la mise en place du Groupement de coopération sanitaire (GCS) expérimental entre la Fondation Lenval et le CHU de Nice, le torchon brûle depuis longtemps. Pourtant, si le projet ne date pas d’hier, ce regroupement n’a été initié qu’à l’été 2010, et rien qu’en un an, les difficultés sont légions. Des difficultés de fonctionnement importantes, qui ont conduit l’Agence régionale de santé a demander notamment un rapport à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), dont les conclusions viennent d’être rendues publiques. En dix recommandations, l’organisme donne sa version des choses. Il insiste sur le caractère inéluctable du regroupement des activités de pédiatrie et de maternité ; la mise en œuvre d’un plan de retour à l’équilibre financier ; le recrutement d’un nouvel administrateur, issu du CHU, puisque l’actuelle personne qui occupe le poste est également partie prenante de la polyclinique privée à but lucratif Santa Maria et qu’un risque de conflit d’intérêts existe ; le développement d’une politique de communication, afin de rétablir la confiance interne ; le règlement de la situation de Santa Maria, actuellement installée au sein de la Fondation Lenval, et qui peut prendre deux évolutions différentes : soit elle se transforme en établissement privé à but non lucratif, soit elle déménage.

Des milliards. Quelques lignes qui contrecarrent les plans de l’actuelle direction, et que le président du syndicat patronal Yvon Grosso, ainsi que le président de la Fondation Lenval Pierre Costa, n’ont guère goûtées. « La répartition des moyens de l’assurance maladie se fait aujourd’hui en faveur du public. Les temps modernes qui rythment notre vie appellent bien au contraire au renforcement de l’initiative privée y compris dans le secteur stratégique hospitalier », explique un communiqué de presse de l’UPE. Il faut dire qu’il y a un sacré pactole en jeu. En Paca, la filière santé a représenté un chiffre d’affaire de 18 milliards d’euros sur la période 2007/2012, rappelle encore ce communiqué. Et il faut dire aussi que la Fondation Lenval est actionnaire majoritaire de Santa Maria.

Mais pendant que certains calculent les bénéfices éventuels, le personnel fait les frais au quotidien d’une absence totale « d’un véritable projet médical et d’un projet d’établissement », ainsi que l’écrit l’Igas.

La semaine dernière, la Secrétaire générale de la CGT à la santé était venue soutenir les troupes du GCS dont le combat est particulièrement rude. « La situation de Lenval n’est pas isolée, estime Nathalie Gamiochipi, même si ici, la direction est singulière, et qu’elle défend âprement ses intérêts privés. Partout en France, les GCS posent beaucoup de problèmes, et la politique sanitaire actuelle ne mène à rien. Pourtant, il faut continuer à contester car des luttes aboutissent souvent et on obtient des résultats. Mais c’est toujours long… »

Philanthropie. Par ailleurs, les lignes de l’Igas préconisent aussi un plan de retour à l’équilibre synonyme de différentes choses pas très agréables. Comme des charges de travail qui augmentent à moyens constants, des réorganisations, etc…

« Nous, nous ne voulons par de cette logique de marché, lance Delphine Girard responsable CGT à l’Archet. Nous voulons simplement couvrir les besoins de la population. »

Voilà qui est plus en adéquation avec les vœux du baron Lenval qui, en 1888, avait légué sa fortune pour que tous les enfants puissent être soignés gratuitement. Lui et sa femme venaient de perdre un fils âgé de 11 ans sans avoir pu le soigner. C’est donc pour ne plus qu’une telle situation se produise qu’il créa la Fondation.

« Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus en rapport avec la carte bleue, témoigne un infirmier, alors qu’il y a encore dix ans en arrière, on ne la voyait jamais. » Et aujourd’hui, alors qu’il y a encore dix ans, nous disposions probablement du meilleur système de soins au monde, près d’un tiers des Français renoncent à se faire soigner pour des raisons de coût (au début du quinquennat et avant la loi HPST, ils n’étaient que 11%). 

R.F.

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