La rédaction du Patriote

Levens : Les Perdigones n’ont qu’à bien se tenir !

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2298 on 21 octobre 2011 at 10:02

L’association levensoise des Perdigones exprime son étonnement après le refus de la municipalité de lui octroyer une salle municipale pour l’accueil du festival AlimenTerre. Surtout qu’aucune raison n’est avancée.

« C’est une surprise », avance calmement Gérard Pla, vice-président de l’association. Il faut dire que l’an dernier, lors du premier accueil d’une journée de solidarité autour du festival AlimenTerre, ils l’avaient obtenue. « Ce qui nous étonne, malgré toutes les divergences qui nous opposent à la majorité municipale, c’est que ce festival, cette journée que l’on aurait pu organiser, est placée sous le thème de la solidarité. L’idée, c’est de développer une prise de conscience chez les gens et leur expliquer que les choses peuvent changer, à condition qu’ils y participent à leur échelle. Est-ce mauvais, par exemple, de montrer les conditions de l’exploitation des bananes aux Antilles ou en Afrique ? Le consommateur sait par la suite ce qu’il achète. C’est aussi cela le pouvoir de la société, qui ne se limite pas à mettre un bulletin dans l’urne tous les 5 ans. » Comment comprendre alors, ce refus, d’autant qu’aucune raison n’est précisée dans la réponse du premier magistrat ? L’engouement plutôt récent pour l’écologie et l’agriculture de proximité bouleverse-t-il les plans des décideurs politiques, plutôt habitués, surtout dans la région, à bétonner qu’à favoriser la sanctuarisation de terres arables ? Certes, c’est ce qui se produit généralement et l’on pourrait décliner cette réflexion à bien des endroits du département des Alpes-Maritimes. Même si le discours de surface tend systématiquement à plaider en faveur de l’écologie, conscients que sont les décideurs de cet engouement. « Nous ne sommes pas naïfs, répond Gérard Pla. Les zones agricoles de Levens sont des garrigues difficilement cultivables alors que les vrais espaces fertiles ne sont plus classés en zone agricole. Si on fait ça à l’échelle de la plaine du Var, ce sont des milliers d’hectares qui seront gagnés, mais sans qu’il y ait la moindre parcelle de terres agricoles. »

Ça, c’est pour le point de vue général. Dans un contexte plus local, l’opposition franche et nette du maire à la manifestation est peut-être plus à chercher du côté des antagonismes entre les deux parties. Un problème presque personnel. « C’est du répressif », estime ainsi Gérard Pla. « Sous prétexte de solidarité, ils militent contre notre politique », lance le maire.

Antagonismes. Depuis quelque temps, Les Perdigones luttent en effet contre ce projet de création de logements sur les terres de l’Orte, dont Le Patriote s’est déjà fait l’écho. Environ 5000 m² d’occupation de sols fertiles et classés dans l’ancien PLU comme l’un des endroits de terre arable. Un endroit gorgé d’eau, à cause de résurgences notamment, en cas de fortes pluies. Là où d’une friche actuelle, on pourrait faire des jardins partagés, des maraîchages et bien d’autres choses. Là où la majorité voit une quarantaine de logements. « Le 1er projet a été suspendu par l’Etat puis le constructeur a demandé à un hydro-géologue d’étudier les passages de l’eau. Cela fait un an que le rapport a été déposé en mairie, et nous n’avons aucune nouvelle. Pourquoi le maire ne communique pas les résultats de ce rapport ? » Faux, répond Antoine Véran, plutôt véhément sur le sujet. « Les conclusions ont été remises à Nice Côte d’Azur qui a le droit des sols, une étude complémentaire a été demandée et un nouveau permis de construire sera déposé prochainement. Il y aura dans ce projet un désir de mixité sociale avec des logements, des PLU et des PLAI. » A suivre…

Les responsables de l’association habitent la maison mitoyenne du terrain de l’Orte concerné par ce plan de construction, et c’est l’argument principal de la majorité pour contrer ceux avancés par Les Perdigones. « Oui, ils disent cela, s’exclame Gérard Pla. Mais cela ne nous gêne pas, car c’est justement parce que nous habitons là que l’on connaît bien le problème de l’eau. Et puis notre association compte 60 adhérents ; il n’y a pas 60 habitants ici ! Cela n’enlève rien au problème de fond. »

R.F.

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