La rédaction du Patriote

Le temps de lecture

In Culture, n°2296, Politique, Social on 6 octobre 2011 at 17:35

Le Festival du livre de Mouans Sartoux fera sans doute durant ces trois jours un éloge de la lenteur. Pourtant, ce week-end festivalier va passer très vite. Rencontres, cinéma, concert…

 C’est devenu un rendez-vous incontournable de notre territoire. Le Festival de Mouans Sartoux marque le début de l’automne mais aussi un lieu de rencontres pour faire un point après l’été et regarder l’année qui vient. Et celle-ci va être chargée avec les élections présidentielles et législatives d’autant que ce même week-end, se tiennent les fameuses (ou fumeuses ?) primaires du Parti Socialiste. Il faut donc parier sur une affluence très forte dans les allées des différents gymnases, dans les salles de débats et de cinéma.

La crise économique et systémique qui se poursuit et s’aggrave en Europe fait monter une colère populaire. Face à cela les révolutions arabes du printemps derniers ont apporté le vent d’espoir, qu’une résistance et qu’un soulèvement populaire est possible. Et c’est cela et bien plus qui sera évoqué au cours du festival avec notamment la venue de la bloggeuse Lina Ben Mhenni et la projection d’un film sur la révolution tunisienne Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh. Des pistes transversales vont être évoquées avec la discussion entre elle et Stéphane Hessel sur les réseaux de résistance. En effet, le réseau social Facebook fut un des outils de cette révolution. Internet permet d’aller vite, mais jusqu’où ? Car si la vitesse fut bénéfique, il est difficile d’arrêter un mouvement qui aurait pourtant besoin de se poser.

Farfouiller. « Face à la frénésie on ne peut que s’interroger. Où allons-nous si vite ? Peut-on encore ralentir ? Le faut-il ? Comment ? Pourquoi ? » écrit dans son édito la commissaire du festival Marie-Louise Gourdon. Et cette vitesse exponentielle ne pousse-t-elle pas vers un avenir qui pourrait déjà être du passé ? Beaucoup de questions dont il faudra s’emparer. On regrette bien évidemment que le philosophe Paul Virilio n’ait pas pu venir, lui qui travaille depuis très longtemps sur la technologie et la vitesse dans notre société. La vitesse sera aussi déclinée dans le secteur économique, énergétique, sociétale, familiale…

Mais comme chaque année, ce n’est pas toujours dans les têtes d’affiche ou les noms connus que l’on trouvera notre bonheur mais plutôt dans ces écrivains, essayistes, romanciers, éditeurs d’art qui proposent des réflexions et des idées en marge ou différentes que les découvertes seront les plus belles : Gus Massiah, Hervé Kempf, Shumona Sinha, Henri Pena-Ruiz, Vincent Glenn… La liste est trop exhaustive, trop réductrice Il faut donc prendre le temps de fouiller, de farfouiller, de lire et de discuter avec les auteurs présents sur les stands. Ces trois jours vont donc malheureusement passer très vite.

Julien Camy

 

Niça Rebèla, hommage à Mauris

Daniel Daumas, Miquèy Montanaro, Christian Bezet, Vincent Sgaravizzi et Aurélie Peglion seront présents à la salle Léo Lagrange le dimanche à 11 heures pour un hommage au chanteur occitan Mauris. Ce dernier consacra son temps libre à la création de chants sur des poèmes occitans  contemporains. Seul avec sa guitare, mais aussi avec des groupes locaux, Mauris aimait faire découvrir la musique occitane et, par ce biais, la culture niçoise. Mauris est mort en début d’été. Le moment s’annonce riche en émotions.

Quelques films à ne pas manquer

Parmi la quinzaine de films présentés, quelques uns sont rares et ne doivent pas être manqués ! Tout d’abord, le documentaire Plus jamais peur de Mourad Ben Cheikh, présenté au dernier festival de Cannes revient sur les évènements révolutionnaires en Tunisie. Cette plongée au cœur de la révolution du Jasmin est encore tout fraîche. Puis, l’empêcheur de tourner en rond, Pierre Carles viendra présenter son dernier film Gruissan à la voile et à la rame. Avec son compère Philippe Lespinasse, ils sont partis à la rencontre d’une humanité en marge vivant le long de ce littoral.

Il y aura aussi Indices de Vincent Glenn. Ce documentaire courageux car le sujet n’était pas facile, réussit avec brio à démonter le système économique qui fait que le PIB est toujours l’indicateur de richesse le plus cité. Enfin, Gasland de Josh Fox parcourt les territoires américains où l’exploitation du gaz de schistes à fait des ravages. Si les sujets évoqués ne sont pas toujours très gais, La Source des femmes de Radu Mihaileanu est un bon remède. Dans un village d’Afrique du Nord, les femmes décident de faire la grève du sexe tant que les hommes n’iront pas chercher l’eau à la source. Le réalisateur du Concert, réalise un conte drôle et touchant, plein de vie, et sans concession.

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