La rédaction du Patriote

La Bataille de l’eau

In n°2296, Politique, Social on 6 octobre 2011 at 17:34

Deux délibérations « phares » et qui portent sur une longue période (20ans) ont marqué le dernier conseil municipal de Grasse.  La première concernait le choix de mode de gestion de l’eau potable, « affermé à la société Lyonnaise des Eaux » depuis janvier 1988 pour une durée de 25 ans, la seconde sur laquelle nous reviendrons de notre prochaine édition avait pour objet de déléguer sous forme de concession le canal du Foulon qui alimente les ¾ des foyers grassois et huit autres communes (dont Valbonne, et Mouans-Sartoux)

Pour le Maire UMP de Grasse, J.P. Leleux, seul à intervenir sur ce dossier « lourd » avec une de ses adjointes, la cause était entendue. Un bureau d’études, « IRH Ingénieur Conseil » sollicité par la municipalité a produit sans surprise un rapport qui concluait à la nécessité de continuer à gérer l’eau de la ville par une délégation au privé.

Ce bureau d’études auquel la mairie a fait appel dans le cadre d’une procédure Marché à Procédure Adapté (MAPA) a été choisi par le maire, sans que ne soient connes les critères de choix et la qualité en matière d’expertise, hors consultation de la Commission d’Appels d’Offres a souligné Paul Euzière.

Aussi le leader de Grasse à Tous dans une intervention fouillée a démontré, exemples à l’appui, que contrairement à ce qu’affirme J.P. Leleux, le choix le plus intéressant pour les Grassois est le retour à une régie municipale, situation qui a prévalue à la satisfaction générale jusqu’en 1988.

Rappelant la spécificité de la situation française dans le monde, Paul Euzière a tout d’abord souligné que « Si en France, un cartel de grandes compagnies s’est accaparé : Véolia pour 39%, La Lyonnaise-Suez pour 19% et le SAUR pour 11%, 70% du marché de l’eau, cette situation d’oligopole constitue une exception dans le monde puisque 7 à 8% seulement des marchés de l’eau sont confiés à des opérateurs privés. (…)La ligne de ces opérateurs financiers est simple : socialisation des pertes, privatisation des profits. »

Réquisitoire. Plus de 50 villes dont Paris, Bordeaux, Grenoble, des villes aussi bien dirigées par des municipalités de Gauche que de Droite ont « remunicipalisé » la gestion de l’Eau depuis 10 ans, à la suite de longues batailles contre les grandes sociétés privées.

Pour le Président de Grasse à Tous, « Il ne s’agit donc pas de présupposés idéologiques ; mais d’intérêt public. Et c’est à cette seule mesure qu’il s’agit de se prononcer. L’eau n’est ni de Droite, ni de Gauche, elle est patrimoine public et d’intérêt public. Sa gestion doit être défendue dans le seul intérêt public » A partir de là, Paul Euzière s’est livré à un réquisitoire contre la gestion privée qui n’a rien laissé dans l’ombre.

Dans le département, Grasse est parmi les grandes villes, « celle qui détient le record au palmarès de l’eau la plus chère ». Détaillant la facture d’eau des Grassois, Paul Euzière a dénoncé « la hausse vertigineuse » entre 1988 er 2010, de la « part fixe » (le compteur) multiplié par 9 pour les plus petits diamètres, par 22 pour les plus gros en 22 ans.

Quant à l’eau elle-même au m: « Le contrat d’affermage indiquait les prix suivants pour une facture ˝de base˝ de 120 m3, en 1988 : 1,83 F (HT),  en 2010 (rapport annuel de DSP 2009), pour une facture de 120 m3, l’eau était facturée aux Grassois : 1,84 € (HT) soit 12,14 F. Depuis 1988, le prix du m3 d’eau a donc été augmenté de 663% par la Lyonnaise. Qu’est-ce qui justifie une telle augmentation alors que Grasse détient la concession de la source du Foulon, que cette eau est gratuite, ne subit aucun traitement et que le canal du Foulon qui l’achemine est dans un état catastrophique ? » a questionné Paul Euzière.

Considérant que le Conseil « ne disposait pas des données indispensables au meilleur choix de gestion du service de l’eau » le groupe Grasse à Tous a demandé le retrait  « cette délibération basée sur une expertise incomplète et insuffisante », la  relance de «  la procédure de choix d’un cabinet d’expertises répondant aux normes de qualité NF X 50-110 et ISO 9001 », un audit de toute la gestion des eaux en DSP par la Lyonnaise depuis le 1er janvier 1988. Ils ont aussi réclamé que la Ville de Grasse s’appuie sur l’Espace Public Régional de l’Eau, structure créée par le Conseil Régional PACA dans le but précisément d’apporter une aide technique aux collectivités locales.

Nous reviendrons sur ce débat où sont également intervenus pour l’opposition M. Monzeglio (Grasse à Tous), B. Estampe et J. Faguer (Grasse à Vous)

 

T.G.

 

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