La rédaction du Patriote

La reconnaissance d’un Etat palestinien : une chance pour la paix

In Cette semaine dans Le Patriote, n°2292, Politique on 9 septembre 2011 at 10:01

Les Nations Unies vont-ils reconnaitre l’Etat de Palestine ? Les Etats-Unis et l’Union Européenne tardent à se prononcer. Une (dernière) chance pour la paix ?

Le 20 septembre sera-t-il une date qui entrera dans l’histoire avec la reconnaissance par les Nations unies de l’Etat de Palestine dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale – qui deviendrait alors le 194ème membre de l’organisation internationale – ou, au contraire un jour noir de déni pour un peuple de vivre dans son pays ? La question vaut d’être posée alors que quelques semaines seulement nous séparent de ce moment clé et que des manœuvres en tout genre se déroulent.

Israël menace de réinvestir militairement le peu de Cisjordanie qui n’est pas sous son contrôle et de ne plus reverser à l’Autorité palestinienne des taxes qu’il prélève pour le compte de cette dernière sur des marchandises transitant via les ports et aéroports israéliens. Ces fonds, qui atteignent de 3,5 à 5 milliards de shekels (700 millions à un milliard d’euros) par an, représentent les deux tiers du budget annuel de l’Autorité. Les Etats-Unis ont d’ores et déjà prévenu qu’ils opposeraient leur veto lors du vote au Conseil de sécurité des Nations Unies, ce qui ne laisserait aux Palestiniens que l’accord de l’Assemblée générale de l’Onu et un statut d’Etat non-membre, qui leur ouvrirait néanmoins les ports d’organismes comme l’Unesco ou l’Unicef. Quant à l’Union européenne, elle est divisée et incapable de faire entendre la voix de la paix, à l’image de la France qui n’a toujours pas pris position.

Pour Mahmoud Abbas, président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) – garante des accords signés et non pas l’Autorité palestinienne comme on le dit trop souvent – ce qui pousse les Palestiniens à aller à l’ONU, « c’est l’incapacité de la communauté internationale à mettre fin aux politiques israéliennes expansionnistes et racistes ». Il ajoute : « Notre décision ne vise pas à isoler Israël, ni à entrer en confrontation avec les Etats-Unis. Notre objectif est de réaliser notre rêve d’obtenir une reconnaissance officielle de notre Etat palestinien à l’ONU avec une souveraineté entière sur les terres occupées en 1967 ». On ne saurait être plus clair.

Car si l’OLP a décidé de s’adresser directement à l’Onu – en utilisant simplement les résolutions votées depuis des décennies mais jamais appliquée – c’est bien parce que l’organisation est aujourd’hui dans une impasse politique. Après sa création, dans les années 60, elle s’était lancée dans la lutte armée mais y avait officiellement renoncé en 1988 avec la reconnaissance de l’Etat d’Israël et une approbation de créer l’Etat palestinien sur les frontières de 1967, soit seulement 22% de la Palestine historique. Or, ce pas politique n’a jamais été récompensé. Pis, la stratégie diplomatique et de négociation s’est également soldée par un échec. Les accords d’Oslo (1993) ont vécu et la communauté internationale se contente de vagues déclarations mais laisse Israël poursuivre l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens. A tel point qu’il y a quelques années, une agence de l’Onu affirmait que dans ces conditions, et avec le morcellement de la Cisjordanie en entités non continues, la viabilité d’un Etat palestinien était pratiquement impossible.

Pourquoi donc les Etats-Unis et l’Union européenne tardent-ils à se prononcer pour la reconnaissance d’un Etat palestinien (ce qui était la finalité des accords d’Oslo) cherchant à relancer des négociations qu’en tout état de cause Israël rejette ? Tout simplement parce que dans une telle éventualité, le statut juridique de la situation des Palestiniens changera. Une reconnaissance internationale d’un tel Etat, sur la base des frontières de 1967, en fera un Etat sous occupation.

La reconnaissance d’un Etat palestinien est donc une chance pour la paix, pour les peuples palestinien et israélien. C’est le meilleur moyen d’éviter les fausses rencontres internationales qui traînent en longueur depuis plus de quarante ans, les provocations de toute sorte, les manipulations israéliennes. Mais c’est peut-être la dernière chance. Chacun doit prendre ses responsabilités et être comptable devant l’Histoire.

Pierre Barbancey

pbarbancey@humanite.fr

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